Le travailleur avait été remercié en janvier dernier après avoir porté un t-shirt arborant l'inscription «Dieu n'existe pas». La cause a été portée devant le Tribunal du travail du Québec. L'arbitre Richard Marcheterre a donné raison à M. Bergeron en septembre, estimant qu'il avait été brimé dans son droit à la liberté d'expression et d'opinion. L'entreprise était tenue de le réembaucher dans les 30 jours suivants et de l'indemniser pour son manque à gagner, en plus de lui verser des intérêts.
Puis, nouveau rebondissement. Dans une lettre que le représentant du Syndicat des métallos (FTQ), Michel Courcy, a récemment reçue des avocats de Transformateur Delta, on peut lire que le poste occupé par M. Bergeron sera aboli à son retour en raison d'une restructuration administrative.
«C'est carrément de la conspiration pour me mettre dehors», a lancé hier le travailleur.
Lundi, le raëlien a passé le balai dans l'usine. Depuis hier, il est en formation pour un poste pour lequel il a postulé, soit celui de bobineur de distribution.
Même s'il s'agit d'un emploi mieux rémunéré que celui d'électricien, le travailleur ne cache pas sa déception. «Je ne voulais pas faire cette job-là. Ça ne m'intéressait pas, mais je n'ai pas le choix», dit-il.
Le syndicat contestera la décision de l'entreprise en déposant un grief, fait savoir Michel Courcy, qui a accompagné Jean-François Bergeron à son retour au travail, lundi matin.
«On n'est pas d'accord avec cette position-là, indique M. Courcy. Il y a une procédure dans la convention qu'on doit analyser pour voir si elle a été respectée par l'employeur.»
Sans revenus depuis neuf mois
L'évêque et porte-parole du mouvement raëlien, Daniel Chabot, déplore pour sa part la décision de l'entreprise. «Son travail est électricien pour la maintenance. Or, on ne me fera pas croire qu'il n'y a plus de maintenance à faire», dit-il.
Jusqu'ici, le syndicat et l'employeur n'ont pas réussi à s'entendre sur le montant à verser à Jean-François Bergeron équivalant à ses pertes salariales. Le syndicat a acheminé une lettre à l'arbitre du tribunal pour régler la question.
«Il n'a pas de revenus depuis neuf mois. Il a dû liquider toutes ses économies pour faire face à ses obligations, indique Daniel Chabot. Aucune indemnité ne lui a été versée à ce jour. C'est quand même un peu dégueulasse.»
Les raëliens manifesteront devant l'usine granbyenne, demain matin. «C'est pour démontrer notre indignation et la mauvaise foi de l'entreprise», fait savoir M. Chabot.
Transformateur Delta n'a pas donné suite aux demandes d'entrevue de La Voix de l'Est, hier.











