«L'entreprise fait preuve de mauvaise foi, clame l'évêque du mouvement raëlien, Daniel Chabot. Si on met bout à bout tous les événements qui sont arrivés à M. Bergeron au cours de la dernière année - le harcèlement dont il a été victime de la part de l'entreprise en raison de ses croyances religieuses, les changements apportés aux règles vestimentaires de l'entreprise pour interdire le port de son t-shirt, l'abolition de son poste à son retour au travail et enfin le refus de lui payer l'argent qu'on lui doit -, cela nous apparaît clairement comme des signes de mauvaise foi de la part de Transformateur Delta.»
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Pour un t-shirt
Jean-François Bergeron, congédié par Transformateur Delta en janvier après avoir porté régulièrement un t-shirt arborant les mentions «Dieu n'existe pas» et «www.rael.org», a finalement été réembauché après que l'arbitre Richard Marcheterre du Tribunal du travail a tranché en sa faveur, estimant que sa liberté d'expression avait été brimée par son employeur.
La décision du tribunal impliquait aussi que M. Bergeron soit dédommagé pour les mois où il n'a pas pu travailler et qu'on lui verse en plus des intérêts.
Or, pas un sou n'a encore été remboursé à Jean-François Bergeron.
«Il n'a même pas eu droit au chômage pendant tout ce temps. Les offres que l'entreprise lui a faites sont carrément ridicules. Vous comprendrez qu'il a épuisé toutes ses économies et qu'il a besoin de cet argent», argue M. Chabot.
Le dernier événement en liste, l'abolition du poste d'électricien qu'occupait Jean-François Bergeron, vient ajouter l'insulte à l'injure, prétend Daniel Chabot.
«On cherche à l'écoeurer, lance-t-il. L'entreprise doit agir de cette façon pour le pousser à quitter son emploi de lui-même.»
Appui syndical
Même s'il faisait partie lui aussi du nombre des manifestants, Michel Courcy, le représentant du syndicat des Métallos qui a plaidé la cause de Jean-François Bergeron devant le Tribunal du travail, n'est pas tout à fait de cet avis.
«Je ne peux pas croire qu'on cherche à écoeurer M. Bergeron, dit-il. On lui a quand même permis d'entreprendre une formation pour un nouveau poste encore mieux rémunéré. Mais c'est vrai que nous questionnons aussi la bonne foi de l'entreprise. Disons que le timing est un peu particulier: on abolit son poste dès son retour au travail. Nous sommes en train d'étudier tout ça pour nous assurer que l'abolition du poste était justifiée.»
«Chose certaine, par son attitude, l'employeur semble encore chercher la confrontation. Ce que l'on espère, c'est qu'il accepte enfin la décision du Tribunal du travail, qu'il l'applique et qu'il laisse M. Bergeron tranquille.»
La Voix de l'Est a une fois de plus tenté d'obtenir un entretien avec un représentant de Transformateur Delta, hier, mais la réceptionniste de l'entreprise a fait savoir qu'aucun commentaire ne serait émis concernant cette affaire.
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