Huit témoins ont été entendus au procès de Scott Chase, hier, au palais de justice de Saint-Jean-sur-Richelieu. Le Waterlois de 38 ans est accusé du meurtre de son ex-conjointe.
Une des voisines de la scène, Murielle Blondin, a entendu des cris de femme en se rendant à la salle de bain. «C'était de plus en plus fort. Ça hurlait. C'était un bruit de panique. Ça devenait strident», a raconté la résidante de la rue Foster.
Par la fenêtre, elle a aperçu une femme accroupie au sol qui se débattait et un homme penché sur elle. Mme Blondin dit avoir vu l'homme frapper la femme à deux reprises.
Réal Ferland a été réveillé par des cris. Par une fenêtre, il a aperçu un homme et une femme au centre de sa cour. «Je vois la dame se débattre avec les jambes. Lui était accroupi par-dessus. Il l'a frappée minimum deux ou trois fois. C'était fort», a-t-il témoigné.
M. Ferland a crié à l'homme de lâcher sa victime, mais sans succès. Sa femme a ensuite composé le 911. Le Waterlois s'est alors dirigé vers l'extérieur de sa résidence, où il a vu la dame être traînée.
Bruit
Dehors, il ne voyait plus personne. Il a ensuite entendu un bruit provenant du marécage. «Je me suis rendu à côté de la clôture et c'est là que je les ai vus dans l'eau et qu'il la calait. J'ai encore dit à l'homme de la lâcher. Il l'a relevée et l'a recalée une deuxième fois», a-t-il raconté.
Les policiers Simon Scalabrini et Éric Craig sont les premiers agents arrivés sur les lieux. Ils se sont dirigés près du marécage, où ils ont entendu des éclaboussements dans l'eau.
«Mon collègue a lâché un «aïe». Une voix masculine a répondu «Je viens de tuer ma femme». Elle provenait de 10 à 15 pieds de nous», a raconté l'agent Craig. Le sergent Scalabrini lui a demandé de lui ramener la personne. Une demande demeurée vaine.
En cherchant près du marécage, le coude d'un corps humain sortait de l'eau. Les policiers ont sorti la victime inconsciente et débuté les manoeuvres de réanimation.
Les policiers ont ensuite utilisé les services d'un maître-chien. Le chien a retracé une odeur humaine dans l'eau. «La tête (de l'accusé) est sortie de l'eau. On l'a mis en état d'arrestation», a expliqué Éric Craig.
»Il était triste»
Le 13 juillet 2007, Nathalie Dupont a passé la soirée chez des amies. Pendant qu'elle était partie faire des emplettes avec l'une d'elles, Scott Chase est passé à sa résidence.
«Il avait l'air de chercher quelque chose, a raconté Sandrine Guilmette. En sortant dehors, il a vu la van de Nathalie qui arrivait et il est rentré dans la maison pour sortir par la porte arrière. Il ne voulait pas tomber face à elle.»
Nathalie Dupont a quitté vers 23h30 pour rentrer chez elle.
Sonia Beaudin-Gaulin, dont le conjoint a eu un enfant avec Nathalie Dupont, a vu quelques fois l'accusé la veille du drame, notamment vers 22h, lors d'un feu de camp chez elle.
«On voyait qu'il n'était pas dans son état normal. Il était triste et songeait beaucoup. Il nous a parlé de la difficulté de sa séparation et que Nathalie ne pourrait pas s'en sortir sans lui avec les quatre enfants et son commerce. Il a dit que Nathalie ferait un burn-out s'ils n'étaient pas ensemble», a-t-elle raconté.
Durant cette soirée, Chase a consommé de l'alcool. «Selon moi, il a consommé de la drogue parce qu'il allait à la salle de bain aux 15-20 minutes», a-t-elle indiqué.
M. Chase a quitté peu avant minuit pour revenir chez elle vers 1h15. Peu temps après son retour, Sonia Beaudin-Gaulin l'a reconduit chez l'ami qui l'hébergeait.
«En auto, on est passés plusieurs fois devant la maison de Nathalie. Il m'a dit qu'il n'accepterait jamais qu'un autre homme reste dans la maison qu'il avait rénovée, a-t-elle dit. Il a dit que Nathalie ne l'aimait plus, mais que lui l'aimait encore. Il était vraiment triste.»
Asphyxie
La pathologiste du laboratoi-re de sciences judiciaires de Montréal, Annie Sauvageau, a témoigné par vidéoconférence d'Edmonton, en Alberta. L'autopsie qu'elle a pratiquée sur le corps de Nathalie Dupont a établi que la cause de la mort est l'asphyxie, soit la combinaison d'une noyade et d'un étouffement en raison de la boue présente dans les voies respiratoires.
La pathologiste a aussi relevé plusieurs lésions sur le corps, mais qui ne sont pas mortelles.
La Couronne fera entendre six témoins, lundi, ce qui devrait terminer sa preuve. L'avocat de M. Chase, Me Martin Latour, présentera ensuite une défense. Les avocats feront ensuite entendre leurs plaidoiries.











