Dans son exposé introductif, l'avocat de l'accusé, Me Martin Latour, a indiqué aux membres du jury que certains éléments étaient indéniables. «M. Chase est celui qui a causé la mort de Nathalie Dupont», a-t-il déclaré. Il a ensuite indiqué qu'il fallait maintenant évaluer l'intention et l'état d'esprit de son client.
Cinq grammes de coke
Le lendemain de leur anniversaire de mariage, le 4 juillet 2007, Nathalie Dupont lui aurait dit qu'elle ne l'aimait plus. Chase a ensuite logé chez un ami. «Je voulais qu'elle voit c'est quoi d'être seule avec les enfants», a-t-il indiqué.
Chase a reconnu qu'il vivait difficilement sa séparation. «Je prenais ça dur. Je pleurais souvent», a-t-il confié. Durant leur relation, l'accusé a raconté que sa conjointe a rompu à plusieurs reprises.
La veille du meurtre, Chase dit avoir consommé environ cinq grammes de cocaïne achetée dans un bar de Waterloo. Ce soir-là, il a aussi consommé de l'alcool.
Dans la soirée, il s'est rendu chez Sonia Beaudin-Gaulin où un feu de camp était organisé. «Ça parlait beaucoup de Nathalie. J'allais sniffer en cachette. J'étais pas capable de rester assis», a-t-il expliqué.
Après une marche sur la piste cyclable, il est revenu à la soirée. Sonia Beaudin-Gaulin l'a reconduit chez l'ami qui l'hébergeait. En route, ils sont passés devant la maison de Nathalie Dupont, rue Foster.
Chez son ami, Chase ne pouvait rester en place. «J'ai écouté quelques tounes sur l'ordinateur, mais j'étais trop peppé. J'ai pris un taxi et j'ai été au Studio sexe à Granby», a-t-il raconté.
D'une cabine téléphonique, il a appelé chez Nathalie Dupont, mais sans qu'elle ne réponde, ce qui lui a laissé croire qu'elle était absente. De retour à Waterloo, il s'est rendu chez elle pour récupérer des effets personnels en entrant par la porte patio.
Il est monté à l'étage où elle dormait. «Elle m'a dit «qu'est-ce que tu fais là?». Elle n'avait pas l'air contente que je sois là», a-t-il admis. Elle serait allée se recoucher.
En se rendant au sous-sol pour y récupérer ses effets, l'alarme s'est déclenchée. Il l'a désactivée au clavier. «J'attendais que la compagnie appelle. J'ai eu un appel. Ça, je m'en souviens à 100 %», a-t-il indiqué, en expliquant qu'il avait le téléphone dans les mains.
En voyant la boîte d'un casque d'écoute et une facture de cet achat et d'une web cam, la paranoïa s'est installée, a-t-il indiqué. «J'ai commencé à me poser des questions. On ne se sert jamais de l'ordinateur pour chatter», a-t-il expliqué.
Il dit aussi avoir découvert une feuille contenant des noms en fouillant dans la poubelle du salon d'esthétique de la victime et celle de la cuisine.
«J'imagine que ma femme me trompe et je cherche des capotes. J'en ai trouvé nulle part», a-t-il dit. «Avec ce que j'ai vu dans le salon d'esthétique, je pensais que ma femme se prostituait», a-t-il confié.
Il s'est alors rendu à l'étage où il a vu Nathalie Dupont. Questionnée par l'accusé, elle lui aurait alors répondu «faire ça pour la même raison que je le fais avec toi, pour l'argent». «Je lui ai crissé un coup de poing au visage. J'étais fâché», a-t-il confié au tribunal.
Trous de mémoire
Après, il n'a plus aucun souvenir. Il se souvient être près du corps de Nathalie Dupont. «C'est comme si c'était la première fois que je la voyais», a-t-il expliqué.
Chase a raconté qu'il entendait des voix. «Dans ma tête, il y avait un party dans le grenier. Il y avait du monde. J'essayais de penser. J'entends parler, j'entends rire. Je suis dans le marais, mais j'entends ce qui se passe dans le grenier.»
Il a ensuite été arrêté par les policiers. «Je suis tombé dans un trou. Il me semble que ça n'a pas pris deux minutes que j'étais face à face avec le chien de la SQ. J'ai penché ma tête dans l'eau et quand je l'ai sortie, il y avait trois fusils sur moi», a raconté l'accusé.
Questionné par la procureure de la Couronne, Me Caroline Fontaine, au sujet de sa visite chez Thimothy Lodge durant le voyage de Nathalie Dupont en Europe, en avril 2007, Chase a raconté ne pas se souvenir de la conversation rapportée par lui lors de son témoignage, lundi.
Lodge a raconté que Chase lui avait confié qu'il n'accepterait pas qu'un autre homme vive dans la maison et que si ce scénario se concrétisait, il incendierait la maison, tuerait Nathalie Dupont et se tuerait.
La procureure de la Couronne a terminé la preuve avec l'audition du dernier témoin, le toxicologue et chimiste judiciaire Pascal Miro, hier matin.
Le procès se poursuivra jeudi avec le témoignage du docteur Pierre Gagné.










