En entrevue en début de semaine, le maire Jean-Guy Demers a dit que son conseil mettrait tout en oeuvre pour faire obstacle à la construction d'une station de pompage sur l'oléoduc de Montréal Pipe-Lines reliant la métropole à Portland, au Maine. M. Demers estime que le projet est nuisible pour l'environnement parce que de graves risques existent. Il a cité des dangers d'incendies, de déversements et même des actes de sabotage.
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«Nous sommes très étonnés de cette réaction», a affirmé le directeur des opérations de Montréal Pipe-Lines, Guy Robitaille. «Je trouve que les gens paniquent. On ne pense pas que ces dangers soient fondés», a-t-il dit en entrevue à La Voix de l'Est.
M. Robitaille entend communiquer avec le maire Demers dans les prochains jours pour discuter du projet. «Nous sommes prêts à répondre à ses questions et à lui présenter le projet, s'il le désire.»
S'il dit comprendre les inquiétudes des citoyens de Dunham, M. Robitaille rappelle que le projet doit être approuvé par différentes instances gouvernementales avant que la compagnie ne puisse aller de l'avant, des autorisations provenant du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs ainsi que de l'Office national de l'énergie. Ces instances, soutient M. Robitaille, ont les compétences pour étudier le projet et s'assurer qu'il répond aux normes de sécurité exigées.
Tribunal administratif
Montréal Pipe-Lines n'est pas que présente sur le terrain politique dans cette affaire; elle est aussi active côté judiciaire. Mardi, un avocat de l'entreprise s'est adressé au Tribunal administratif du Québec pour bloquer une contestation de la décision de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) de permettre à Montréal Pipe-Lines d'utiliser un terrain agricole pour y construire une station de pompage.
Un citoyen de Dunham, Stéphane Durand, s'oppose à la décision de la CPTAQ. Il a fait valoir notamment que le projet de station de pompage lui cause préjudice, ce que dément la compagnie.
Les commissaires ont pris l'affaire en délibéré. Ils ont 90 jours pour rendre une décision. S'ils rejettent la demande de Montréal Pipe-Lines, les deux parties devront alors débattre du fond de la contestation. En cas contraire, la décision de la CPTAQ sera maintenue.
Le projet de Montréal Pipe-Lines chemine dans les officines gouvernementales. Une demande d'autorisation est à l'étude, confirme M. Robitaille.
BAPE
L'opposition au projet de Montréal Pipe-Lines ne s'essouffle pas. Deux groupes environnementaux, Équiterre et Nature Québec, demandent à la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, de mandater le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) pour étudier le projet.
Les deux organismes soutiennent que le projet de station de pompage a une portée plus large que ne le laisse paraître la compagnie. C'est l'un des éléments clés du projet Trailbreaker qui consiste à acheminer du pétrole brut provenant des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'à Montréal. Une partie de ce pétrole serait acheminée vers Portland par l'oléoduc traversant la municipalité de Dunham.
Les demandeurs voient dans cette approche un processus «d'autorisation à la pièce des diverses composantes du projet Trailbreaker», approche qui ne «permet pas de bien en saisir les enjeux et d'en évaluer les impacts», peut-on lire dans un communiqué.
«Seule une enquête indépendante du BAPE donnerait au gouvernement du Québec les éléments nécessaires à une prise de décision éclairée», estime Hugo Séguin, coordonnateur aux choix collectifs d'Équiterre.
Christian Simard, directeur général de Nature Québec, soutient qu'un «débat doit être entrepris sur la raison d'être de ce projet dans le contexte énergétique québécois que l'on connaît et pour évaluer les répercussions que ce projet pourrait avoir sur le bilan québécois des émissions de gaz à effet de serre.»
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