«Par mesure de prévention et en signe de respect, il serait préférable d'éviter ces gestes et d'offrir votre sympathie de façon verbale seulement», répond une publicité, publiée récemment, par le complexe funéraire Girardot & Ménard de Granby. Son propriétaire, Jacques Girardot, explique que l'objectif de cette campagne est de déculpabiliser ceux qui limitent les contacts physiques. «Souvent les gens se sentent mal à l'aise de ne plus donner la main, dit-il. On ne les interdit pas non plus, on fait seulement de la prévention. Je ne pense pas que c'est exagéré.»
Un point de vue partagé par la plupart des dirigeants de salons funéraires de la région. «C'est quelque chose qui se propage facilement, alors il faut faire attention, dit Éric Bessette, thanatopracteur chez Bessette & Fils. C'est important d'offrir nos condoléances, mais ce qu'on veut faire comprendre, c'est que ça peut se faire de plusieurs manières. Mais il ne faut pas non plus tomber dans la folie!»
Denis Meunier, directeur du complexe funéraire Brome-Missiquoi, est aussi conscient que son salon peut constituer un lieu propice à la propagation d'un virus. Il considère qu'il est sain de rappeler aux gens que les mains peuvent constituer un vecteur de la contamination. «On tente d'aviser les gens, mais c'est un automatisme, dit-il. Certains peuvent dire que c'est excessif, mais c'est vrai que ça peut être une source de propagation.»
À l'image de la majorité des autres lieux publics de la région, les produits antiseptiques pour les mains, de type Purell, sont maintenant bien en évidence dans les salons funéraires. Des masques sont aussi offerts à ceux qui présentent des symptômes de grippe. Ces initiatives s'inscrivent dans le cadre des directives de la santé publique, mais également de la Corporation des thanatologues du Québec, l'organisme qui représente l'ensemble des intervenants de ce milieu.
«Ça fait cinq ans qu'on sensibilise les gens sur les virus, comme l'influenza, explique Nathalie Samson, directrice générale de la Corporation. On leur a expliqué comment leur entreprise devait se préparer et avoir du matériel en quantité suffisante pour répondre à la demande. Il faut se préparer au pire.»











