«Les zoos ne font pas que dans la conservation d'animaux en captivité. Ils travaillent aussi dans la nature pour conserver les habitats», a fait valoir hier le directeur Éducation, recherche et environnement au Zoo de Granby, Patrick Paré.
Ce dernier revient d'un séjour de trois semaines au Ghana et au Burkina Faso. Il était accompagné de la chef Ventes au détail et conseillère au développement, Louise Sylvestre. Le but de leur «mission»: évaluer sur le terrain le chemin parcouru et l'aide supplémentaire qui pourrait être apportée.
Il y a un an et demi, le Zoo de Granby s'est engagé auprès de l'organisme ghanéen sans but lucratif Nature Conservation Research Center (NCRC) à verser 20 000 $ par année, sur une période de trois ans, pour protéger l'habitat des singes colobes à manteau et des cercopithèques mona. Ceux-ci sont menacés par la déforestation accélérée et la chasse.
Les visiteurs du Zoo de Granby connaissent déjà les colobes puisque ces petits singes noir et blanc, les colobes guéréza plus précisément, sont présents au pavillon Afrika.
Il n'est pas question pour le Zoo d'aller chercher des animaux en sol africain, le projet auquel il collabore en est plutôt un d'écotourisme. Le sanctuaire animal à protéger est bordé par neuf communautés rurales, où l'électricité est intermittente et l'eau provient d'un puits. Épaulées par le NCRC, ce sont ces communautés qui sont chargées de gérer ce projet.
Effet d'entraînement
«En temps normal, ces gens-là n'ont pas vraiment le loisir de penser à la protection de la nature. Mais avec le projet, nous les aidons à survivre, et eux nous aident à la protéger», explique Patrick Paré.
Les touristes ont maintenant accès au sanctuaire Boabeng Fiema. Une fois leur droit d'accès acquitté, ils peuvent se prévaloir de services de guide dans le sanctuaire et dans les communautés environnantes. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Quelque 10 000 touristes, dont la moitié provient de l'Europe et l'autre de l'Afrique, ont visité la région en six mois. «On a réussi à augmenter les revenus du village de 10 fois», se réjouit Patrick Paré.
Avec ces nouveaux revenus, précise le directeur Éducation, recherche et environnement au Zoo, les villageois peuvent par exemple envoyer leurs enfants à l'école, engager des gardes-chasse pour protéger le sanctuaire, etc.
Le Zoo de Granby a maintenant l'intention de mettre son expertise à profit pour créer des panneaux d'interprétation et mettre sur pied une visite guidée des lieux. «On pourrait même aller plus loin en participant à la recherche, entre autres en envoyant de nos gens là-bas. Mais le plus simple pour nous, c'est d'y aller avec le volet éducatif que je connais bien. Il y a moyen de faire de belles choses rapidement», dit M. Paré.
Question de donner un coup de main supplémentaire, les représentants du Zoo ont aussi fait quelques achats auprès des artisans locaux qui travaillent le bois, le bronze et les tissus. Leurs produits seront vendus à la boutique du Zoo.
Méconnu
Avec Oxfam-Québec, le Zoo de Granby étudie par ailleurs un autre projet international, celui-là au Burkina Faso. Ce projet parraine une école qui accueille 500 jeunes, dans six classes, dans une ville de 18 000 habitants où il n'y a ni eau courante ni électricité.
«On veut aider à creuser un puits près de l'école et du centre de santé. On aimerait aussi fournir un peu d'éclairage par énergie solaire pour que les jeunes puissent étudier. Mais ce projet débute à peine. Il coûterait plusieurs dizaines de milliers de dollars et nous sommes à la recherche de partenaires», note Patrick Paré.
Ce volet international du Zoo de Granby est très méconnu du grand public. Si le projet au Ghana est la plus importante action outre-mer, le Zoo verse néanmoins 2000 $ par année à un organisme depuis 10 ans pour la protection du léopard des neiges en Asie. Il est également très engagé dans la protection, en nature, de la tortue molle à épines au Québec et au Canada.











