Policier depuis cinq ans au poste de la SQ dans Brome-Missisquoi, Charles Beaulieu a voulu mettre sur pied un programme pour aider les jeunes ayant des problèmes de comportement violent, que ce soit verbal ou physique. « En intervenant auprès de certains jeunes, je me demandais qu'est-ce que je pouvais faire pour les aider «, explique-t-il.
Enseignant en arts martiaux depuis plusieurs années, le policier a constaté que la pratique de ce sport a des impacts positifs sur le comportement des jeunes. « J'avais eu de bons commentaires. Les parents me disaient que leur enfant était moins agressif «, dit-il.
Charles Beaulieu a donc lancé un programme d'aide en matière de violence chez les jeunes, en collaboration avec plusieurs partenaires. « On ne leur montrera pas à se battre, mais plutôt à ventiler leur agressivité, a assuré le policier, hier, en conférence de presse. Ça va améliorer leur estime de soi et ils auront un meilleur contrôle d'eux-mêmes. « Un programme semblable existe déjà à Montréal, ajoute-t-il.
La pratique des arts martiaux permettra aux jeunes de participer à une activité physique avec intensité tout en contrôlant leur agressivité dans le respect d'autrui. Des discussions sont aussi prévues entre le policier et les jeunes sur différents sujets, dont le taxage, le phénomène des gangs de rue et la consommation de drogues.
Les cours d'arts martiaux s'adressent aux jeunes âgés de six à 17 ans demeurant sur le territoire de la MRC de Brome-Missisquoi. Les participants seront ciblés par certains organismes, dont Jeunes en mouvement de Brome-Missisquoi et la Table jeunesse Brome-Missisquoi.
Les cours seront offerts gratuitement dès janvier à l'école primaire Saint-Léon de Cowansville. Deux groupes de 30 personnes seront formés ; l'un pour les élèves du primaire, l'autre pour les étudiants du secondaire. Des techniques de karaté et de boxe seront notamment enseignées.
La durée de la participation des jeunes au programme sera fixée par les agents du milieu. Une fois les cours terminés, une rencontre entre les différents intervenants et les parents de l'enfant sera organisée pour évaluer l'évolution du comportement du jeune.
Un projet appuyé par la communauté
Les différents partenaires impliqués dans le programme sont convaincus de ses bienfaits. « Ça fait des années que la Table jeunesse Brome-Missisquoi est préoccupée par la violence chez les jeunes. On pense que ce projet répond à un besoin «, a indiqué Marie-Hélène Plante, représentante du regroupement.
« Ce projet s'inscrit dans deux orientations du ministère de l'Éducation, a renchéri Daniel Galipeau, directeur de l'école Saint-Léon. Il s'agit d'une ouverture des écoles aux communautés et de contrer la violence. C'est une façon concrète de s'impliquer. «
Le directeur général de la MRC de Brome-Missisquoi, Robert Desmarais, est persuadé que le programme permettra un rapprochement positif entre les policiers, forces de l'ordre, et les jeunes.
Le directeur du poste de la SQ Brome-Missisquoi, Jean Beaudoin, se réjouit de la création d'un tel programme par un des policiers. « On s'était donné comme mission de se rapprocher de la communauté et il y a un membre qui vit dans la communauté qui s'implique «, a-t-il indiqué, en précisant que les jeunes représentent la relève.
La Fondation Boulanger-Bédard de Sutton a remis 500 $ pour l'achat des équipements sportifs, hier.
Le projet sera à l'essai jusqu'à la fin des classes, en juin. Si les résultats sont concluants, l'enseignement des arts martiaux pourrait être de retour en septembre prochain.










