En 2004-2005, 340 classes comptaient plus de 32 élèves dans l'une des sept écoles secondaires du Val-des-Cerfs. Ce nombre n'a cessé de décroître depuis pour atteindre 80, cette année.
L'ex-président du SEHY, Éric Bédard, avait dénoncé la situation publiquement en 2006, alors que le nombre de dépassement s'élevait à 308. La Voix de l'Est avait comparé, à l'époque, cette statistique avec celle de la commission scolaire des Chênes de Drummondville où 78 classes seulement excédaient le nombre d'élèves autorisé.
Une année record, avait souligné la présidente du Syndicat de l'enseignement de la région de Drummondville, Micheline Saucier-Germain, qui avait été étonnée par les 308 dépassements à Val-des-Cerfs. La présidente du Syndicat de l'enseignement du Haut- Richelieu, Jacinthe Côté, avait été tout aussi surprise par ce nombre élevé de dépassements. Mme Côté avait fait savoir que son syndicat n'avait déposé aucun grief pour ce motif depuis plusieurs années.
4000 $ la journée
Une situation qui tranche avec celle du SEHY, qui a additionné les griefs pour dépassement au fil des ans. Au cours des cinq dernières années, le syndicat a passé une vingtaine de jours en audition. Coût d'une journée: 4000 $.
Au cours de cet exercice, Val-des-Cerfs devait justifier chacun des dépassements qu'elle avait entérinés. Le manque de locaux ou de personnel compétent, les groupes restreints et la situation géographique sont les quatre motifs que pouvaient plaider la CSVDC pour étayer sa défense. Le SEHY a toujours fait des gains lors de ces représentations.
Les auditions étant coûteuses, le SEHY et la commission scolaire ont accepté une médiation de neuf jours en 2007-2008. «Nous voulions tenter de trouver une solution», explique Luc Lajoie, coprésident du SEHY. L'année suivante, la commission scolaire devait nous remettre la liste des classes en dépassement. Nous voulions voir si des efforts étaient faits pour en limiter le nombre. S'il y en avait, nous ne déposions pas de grief.»
Compensation financière
Luc Lajoie considère que la commission scolaire du Val-des-Cerfs n'a rien à gagner à faire des dépassements injustifiés. «Pour chaque dépassement, il faut qu'une compensation soit versée au professeur», mentionne-t-il en avançant que la compensation est d'un dollar par cours pour chaque élève de trop. À cette prime, Val-des-Cerfs doit additionner les coûts rattachés au traitement des griefs déposés.
Pour M. Lajoie, il a toujours été clair que les dépassements devaient cesser. Demander une compensation plus généreuse pour les enseignants avec des classes en dépassement n'a jamais été envisagé. «Une compensation ce n'est rien en comparaison de la surcharge qu'entraîne un dépassement pour le professeur, insiste M. Lajoie. Si nous avons dépensé 80 000 $ dans ce dossier, c'est parce que le mandat était clair, les profs n'en voulaient pas de dépassement. Et si nous avons dépensé 80 000 $, la commission scolaire en a dépensé autant.»
La Voix de l'Est n'a pas été en mesure d'obtenir, hier, la somme dépensée par Val-des-Cerfs pour traiter les griefs du SEHY.
NOMBRE DE CLASSES EN DÉPASSEMENT DEPUIS 2004-2005
2004-2005 / 340
2005-2006 / 308
2006-2007 / 276
2007-2008 / 182
2008-2009 / 152
2009-2010 / 80











