Pas question de délaisser les loisirs

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Marc Éthier constate que les jeunes ne sont souvent pas... (photo Janick Marois)

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Marc Éthier constate que les jeunes ne sont souvent pas conscients des comportements qu'ils adoptent.

photo Janick Marois

Cynthia St-Hilaire
La Voix de l'Est

(Granby) Les employeurs ne doivent plus se contenter d'aider leurs jeunes employés à concilier travail et études. Les loisirs s'ajoutent désormais à l'équation. Si le patron ne s'y plie pas, il risque de voir son employé quitter. Et en période de pénurie de main-d'oeuvre, surtout dans le commerce de détail, les employeurs ne peuvent se permettre de perdre leurs effectifs.

« Les jeunes ont l'embarras du choix pour les emplois, souligne le propriétaire du marché Métro Breton, Marc Breton. Si un jeune ne veut pas rentrer et que tu lui dis qu'il doit, il se peut qu'il dise que c'est fini. Ça m'est déjà arrivé. «

 

M. Breton, qui est dans le milieu de l'alimentation depuis 25 ans, estime que les jeunes ont autant de potentiel aujourd'hui qu'il y a un quart de siècle. « Mais il faut apprendre à travailler avec eux, mentionne-t-il. Il faut plus d'encadrement. Être patron, c'est de répéter et de répéter. «

L'homme d'affaires a embauché, cette année, Marc Éthier, un spécialiste en service à la clientèle qui vient d'ailleurs de publier un livre avec Yvan Dubuc sur la manière dont les gestionnaires doivent s'y prendre pour travailler avec la génération Y (les jeunes nés à la fin des années 1970 jusqu'au milieu des années 1990).

M. Éthier constate que les jeunes ne sont souvent pas conscients des comportements qu'ils adoptent. Le Granbyen donne l'exemple d'une situation à laquelle il a assisté, dernièrement, où une jeune caissière discutait avec l'une de ses consoeurs cinq caisses plus loin. « C'était correct jusqu'à ce qu'un client arrive et se mette dans son champ de vision, relate-t-il. La jeune fille s'est tassée pour continuer de parler avec l'autre caissière. «

M. Éthier a profité d'une séance de formation cette même journée pour raconter ce fait vécu. La jeune coupable y assistait. « Tous les jeunes m'ont dit que c'était inacceptable, même la jeune fille, dit-il. J'ai pris la jeune à part et je lui ai dit que c'est elle qui avait fait ça. Elle m'a répondu Hein, j'ai jamais fait ça. On part de loin, les jeunes n'en ont même pas conscience. «

Et celui qui forme des gens au service à la clientèle depuis 20 ans trouve dommage qu'un seul employé offrant un mauvais service nuise à tous les autres. « Le client juge un élément, insiste-t-il. Même s'il a été bien servi à la boulangerie et au comptoir des viandes, si la caissière n'est pas correcte, c'est ce qu'il va retenir. Une personne insatisfaite va le dire à une douzaine de personnes dans son entourage. «

Serge Fleurent, propriétaire du IGA Fleurent à Granby, considère « qu'il ne faudrait pas qu'un gestionnaire des années 1970 soit en poste, aujourd'hui, dit-il en riant. Il se ramasserait en psychiatrie après deux jours. «

Encadrement

Tout comme Marc Breton, M. Fleurent est d'avis que les jeunes ont énormément de potentiel, à la condition qu'ils soient encadrés. « Ils veulent toujours savoir s'ils doivent faire telle ou telle chose, illustre-t-il. Parfois ça a du bon, d'autres fois, il faut arrêter de poser des questions et agir. Ils sont plus revendicateurs. «

Un employeur qui souhaite retenir ses employés doit s'adapter à leurs besoins, considère M. Fleurent. « Les jeunes ne veulent pas délaisser leurs activités, observe-t-il. Il a fallu s'ajuster, nous sommes moins exigeants au niveau de la disponibilité. «

Pour Alexandra Tessier, une étudiante de 17 ans au cégep de Granby, il était hors de question d'abandonner ses pratiques de volley-ball les soirs de semaine et ses tournois la fin de semaine. La jeune fille a mis au clair dès le départ ses disponibilités avec son employeur. « Je travaille le dimanche de 8 h à 19 h et le lundi de 17 h à 20 h «, détaille-t-elle.

Sa copine, Jessica Hamel, assure que les employeurs sont de bonne foi avec les jeunes. « Les employeurs le savent que nous avons des études et des activités «, soutient-elle.

Émilie Drapeau, 22 ans, est même d'avis que les employeurs sont plus compréhensifs que les enseignants qui inondent les jeunes de devoirs. « Le cégep ne pense pas que nous avons une vie sociale «, lance-t-elle.

Yann Thibault, 20 ans, considère que les moments de loisirs sont essentiels pour éviter de devenir fou. « Surtout quand tu es aux études et que tu as un emploi. Il faut que quelque chose te motive «, dit-il.

 

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