La direction de la Sépaq prépare un appel d'offres pour l'achat d'une dizaine de véhicules électriques utilitaires. Ils seront utilisés cet été pour différents travaux de maintenance et de patrouille, explique Aubin Rouleau, directeur des opérations à la Sépaq. Des projets-pilotes menés l'été dernier aux parcs d'Orford et d'Oka ont permis de tester la fiabilité (batteries, freins, manoeuvrabilité) de deux véhicules électriques: la Nemo et la GEM. Les résultats ont convaincu les dirigeants d'opter pour de tels véhicules. «Ce sont de très bons véhicules. Ce ne sont pas des jouets; ils seront très pratiques.»
Chaque véhicule devrait coûter entre 18 000$ et 20 000$, estime M. Rouleau. Leur vitesse maximale sera de 50 km/h et leur autonomie d'un minimum de 50 km. La beauté de la chose: les employés de la Sépaq pourront les brancher dans des prises électriques lorsqu'ils travailleront, fait remarquer M. Rouleau.
Les parcs de la Montérégie, de l'Estrie, des Laurentides et de l'Outaouais seront les premiers à en recevoir. Une quarantaine devrait être en service dans les prochaines années.
Présentement, les campings de la Sépaq comptent une soixantaine de voiturettes de golf. Ils ne répondent cependant pas à tous les besoins, note M. Rouleau. Ils seront graduellement retirés de la circulation.
Bon an mal an, la Sépaq dépense deux millions de dollars pour acheter l'essence et le diésel nécessaires pour faire rouler sa flotte de 1400 véhicules. Celle-ci inclut des automobiles, des camionnettes, des camions, mais aussi des véhicules tout-terrain (VTT), des remorques, des motoneiges et même quelques gros équipements industriels, tels des rétrocaveuses et des camions-bennes.
Si les véhicules électriques exercent un certain attrait, ils ne peuvent pas tout faire, prévient M. Rouleau. «On n'éliminera pas l'utilisation des bonnes vieilles camionnettes. On va toujours en avoir besoin parce qu'on a des endroits qui sont très montagneux, des endroits où c'est très accidentés. Là, ça prend des 4X4. Ce qu'on veut, c'est réduire leur nombre et leur utilisation. Chaque fois que nous allons en entrer un (véhicule électrique), nous allons essayer d'en sortir un qui fonctionne à l'essence.»
Sacs et bûches certifiées
Sensible aux préoccupations environnementales de sa clientèle, la Sépaq a fait ses adieux aux sacs de plastique jetables. Enfin, ils sont presque disparus. «Les établissements de la Sépaq n'utilisent plus de sacs de plastique depuis l'année dernière (2008). Mais le bois que nous vendions pour les feux de camps venaient dans des sacs de plastique. Nous étions en contradiction avec nous-mêmes. C'était très paradoxal», reconnaît Alain Mochon, responsable du service de la conservation et de l'éducation au parc national de la Yamaska.
Encore ici, c'est grâce à des projets-pilotes qu'une solution a été trouvée: les sacs réutilisables. Les parcs nationaux d'Orford et d'Aiguebelle en Abitibi-Témiscamingue en ont fait l'expérience l'été dernier. Le fonctionnement est simple: les campeurs laissent un dépôt pour un ou des sacs et les remplissent de bûches. On les rembourse lorsqu'ils retournent les sacs.
Le parc national de la Yamaska a expérimenté une autre solution l'année dernière: des ballots de bois attachés avec des ficelles. Bien que l'expérience ait été concluante, les dirigeants du parc opteront cette année pour les sacs réutilisables, indique M. Mochon. «C'est moins compliqué. On devait trouver un fournisseur qui accepte de nous livrer les bûches dans des ballots de ficelles. Plusieurs refusent.»
Les parcs du Bic, dans le Bas-du-Fleuve, et de la Pointe-Taillon, au Lac-St-Jean, pourraient également avoir recours à ce système cette année. Ils vont tenter de s'entendre avec des producteurs de bois de leur région. Pour tous les autres, il faudra attendre puisque leurs contrats d'approvisionnement de bûches se terminent cette année. «Il va y avoir une réflexion pour voir ce qu'on va faire dans l'ensemble de nos parcs», explique Aubin Rouleau.
En optant pour des sacs réutilisables, les parcs nationaux de la Yamaska, d'Orford et Aiguebelle réduiront considérablement leur empreinte écologique. Bon an mal an, les utilisateurs de ces trois parcs brûlent 350 cordes de bois, l'équivalent de 85 000 ballots de bois.
La Sépaq encouragera pas ailleurs les parcs à faire affaire avec des producteurs de bois de leur région respective. On tient à éviter que les camions chargés de bûches ne parcourent de longues distances. «Des fois, il y a du bois qui se promène pas mal. Ce n'est rien pour réduire les gaz à effet de serre», note Alain Mochon. Le biologiste ne manque pas de rappeler que l'un des objectifs des parcs nationaux est la conservation de la nature. «Il faut être conséquent avec nos choix.»
Autre nouveauté: les fournisseurs de bûches devront prouver que leur bois provient de forêts exploitée de manière écologique. Le parc de la Yamaska l'exige depuis deux ans maintenant.
Biocarburants
La Sépaq s'intéresse par ailleurs aux biocarburants. Ainsi, un employé de la Sépaq en poste dans la réserve faunique de Mastigouche, dans la région de Lanaudière, a proposé de remplacer le diésel des machineries lourdes et des scies mécaniques par du biodiésel. Outre l'aspect moins polluant du recours à ce type de carburant, cette alternative a permis de réaliser des économies de 10 à 20%. La Sépaq étudie comment elle pourrait étendre cette solution à ses autres réserves fauniques.
D'autres initiatives vertes seront mises de l'avant, assure Aubin Rouleau. «Nous sommes ouverts à toutes les idées.»
michel.laliberte@lavoixdelest.qc.ca











