Le 1er janvier 2009, la MRC de la Haute-Yamaska est devenue responsable de la collecte des matières résiduelles sur le territoire des municipalités qu'elle dessert. À cette époque, Bromont faisait encore partie de la Haute-Yamaska, mais s'opposait fermement à ce que la MRC prenne la responsabilité des poubelles et du recyclage sur son territoire. Le conseil municipal de Bromont avait même demandé à la Haute-Yamaska de lui laisser un an de sursis avant de lui retirer la gestion des matières résiduelles. La mairesse de Bromont, Pauline Quinlan, invoquait qu'il était préférable d'attendre une réponse du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire (MAMROT) à sa demande de joindre la MRC de Brome-Missisquoi. «La MRC n'a pas voulu et pourtant, Saint-Joachim-de-Shefford et Warden ont eu une année de sursis, rappelle la mairesse. Nous savions que la réponse du MAMROT allait venir.»
En mars 2009, l'ex-ministre du MAMROT, Nathalie Normandeau, a consenti à la demande de Bromont d'adhérer à la MRC de Brome- Missisquoi à compter du 1er janvier 2010. Bromont a repris, depuis le début de l'année, la gestion de ses matières résiduelles et règle le passé avec les gestes qu'a posés la MRC de la Haute-Yamaska dans le dossier.
Jamais gratuit
Dans une brochure distribuée en décembre 2008 aux résidants de la Haute-Yamaska, il est écrit que «la MRC vous fournit sans frais votre bac bleu «.
«Il n'y a rien de gratuit dans la vie. Les gens ne payaient pas, mais une facture était envoyée à la municipalité», rétorque la mairesse.
La directrice générale de la MRC de la Haute-Yamaska, Johanne Gaouette, confirme que la facture liée à l'achat des bacs était répartie entre les municipalités. «Le préfet de la MRC de la Haute-Yamaska, Pascal Russell, signale que son organisation avait opté pour un achat de groupe afin d'obtenir le meilleur prix possible, soit environ 75$ pour un bac.
L'an dernier, la MRC de la Haute-Yamaska a remis 364 bacs de recyclage à des citoyens de Bromont qui n'en avaient pas. À ceux-ci, la municipalité a acheminé une facture de 125$, cette année. «Nous avons inclus des frais d'administration, note la mairesse de Bromont. Notre personnel a mis plusieurs heures sur ce dossier.»
Question d'équité
Mme Quinlan croit qu'il serait injuste pour tous les résidants qui ont payé leur bac par le passé de ne pas facturer cette poignée de citoyens.
«En 2000, lorsque nous avons implanté la collecte des matières recyclables, la Ville a acheté des bacs pour tous les résidants et le leur a facturé, relate la mairesse. Pour un 240 litres il en coûtait 80$ et pour un 360 litres, 123$.»
Compromis
La facture n'a pas fait sourire les citoyens qui l'ont reçue. «Comme la plupart des gens de Bromont ne le savent pas, nous ne sommes pas tenus d'acheter ce fameux bac à ce «fameux» prix-là surtout! Plusieurs citoyens ont retourné leur compte spécial et ont acheté un bac identique pour une somme plus raisonnable avoisinant les 60$», a écrit à La Voix de l'Est un citoyen qui préfère taire son nom.
Devant l'insatisfaction des citoyens, la Ville de Bromont a décidé de reprendre les bacs au logo de la MRC de la Haute-Yamaska et de créditer les 125$. «Nous disons aux citoyens Si vous trouvez un bac meilleur marché, nous allons récupérer celui que vous avez», dit Pauline Quinlan. La Ville commencera à ramasser les bacs la semaine prochaine.
Bromont offrira les bacs récupérés à la MRC de la Haute-Yamaska. Si celle-ci les refusent, la Ville pourrait les vendre aux nouveaux arrivants.











