Le propriétaire de la Marina de Knowlton poursuivait l'organisme pour obtenir des dédommagements suite à la fermeture du lac en août 2006 en raison de l'éclosion d'algues bleues. La fermeture du lac aux activités récréatives du 17 août 2006 au 1er mai 2007 lui a fait perdre 6800$ de profits de la location d'embarcations, notamment.
Tout juste de retour de vacances dans le Sud, M. Moar estime que le juge Jean-Pierre Bachand s'est laissé endormir par les arguments de la défense, oubliant le fond du débat à savoir si des toxines nuisibles à la santé humaine étaient présentes dans le lac. «Les algues bleues sont présentes dans tous les cours d'eaux au monde. Ce n'est pas ça le problème. La vraie question ce sont les toxines: y en avait-il ou pas? On sait qu'il n'y en avait pas», a-t-il affirmé hier.
Lors du procès de trois jours en décembre dernier, les trois témoins de la défense ont reconnu que les taux de toxicité des nombreux échantillons analysés ne dépassaient pas les normes acceptables pour des eaux de baignade ainsi que pour de l'eau potable.
Dans son jugement, le juge Bachand a cependant reconnu à la Direction de la santé publique le droit d'intervenir lorsqu'elle sent que la santé de la population est à risque.
Pour M. Moar, ce droit accorde trop de pouvoir à l'État. «Le pire est qu'on ne peut même pas les questionner lorsqu'ils agissent», dénonce-t-il.
Depuis cette affaire, M. Moar s'est départi de toutes ses embarcations (canot, kayak, pédalos). Il se concentre sur ses services de restaurant, de bar et de vente d'essence pour les bateaux. «Je ne peux être l'esclave des décisions du gouvernement. On ne peut pas opérer une entreprise avec ça qui pend au-dessus de nos têtes.»
La seule satisfaction de M. Moar est que les autorités publiques procèdent différemment maintenant lorsque des algues bleues sont signalées. Elles effectuent des tests de toxicité pour décider si elles limiteront les usages récréatifs sur un cours d'eau. «C'est exactement ce que je demandais en 2006. Aujourd'hui, ils le font. Mais ils ne reconnaîtront jamais leur erreur de 2006.»












