Bien qu'il ne nie pas les actes commis, l'homme de 39 ans affirme que ce sont ses victimes qui l'ont incité à commettre l'irréparable
«C'était un piège, j'ai été poussé (par les enfants), a indiqué M. Lemaire dans une vidéo enregistrée peu après son arrestation, en mai 2007, et diffusée hier à l'occasion des plaidoiries pour la peine. Et un jour, j'ai cédé. Je sais que j'aurais dû demander de l'aide.»
Son avocat a nuancé ses propos. «Mon client ne se déresponsabilise pas, mais (l'une des victimes) a été l'élément déclencheur», a dit Me Ronald Lebel.
L'accusé a ajouté qu'il regrettait ses gestes. «Je ne suis pas fier de ça, a-t-il dit. Je pleure chaque soir. J'adore les enfants. (Les victimes), c'était comme les miens. J'aimerais reculer (dans le temps), mais je ne peux pas.»
Alors qu'il résidait au camping Tropicana, de 2003 à 2007, l'accusé a, à maintes reprises, fait des attouchements, exigé des faveurs sur lui-même, dont des fellations et des masturbations, et incité ses victimes, deux garçons et deux fillettes, à se toucher entre elles. Il a aussi pris des photos de nu de l'une d'elles.
M. Lemaire a plaidé coupable, le 31 mars 2008, à 10 chefs d'agression sexuelle, et à une autre de possession de pornographie infantile, hier. Il est détenu depuis cette date. De nombreux reports occasionnés entre autres par le prévenu expliquent le délai entre son plaidoyer et la sentence.
Châtiment
Le Granbyen a aussi révélé, hier, avoir été lui-même abusé dans sa jeunesse. Une déclaration qui n'a pas ému la procureure de la Couronne, Me Karyne Goulet.
«Ce sont des crimes odieux qui méritent châtiment, a mentionné l'avocate dans sa plaidoirie. L'accusé incitait les enfants en échange de cigarettes, de bonbons, d'argent ou de bière. De plus, il minimise les actes commis.»
Me Goulet a aussi mis en doute l'affirmation selon laquelle l'un des gamins aurait «provoqué» M. Lemaire pour qu'il en abuse. «Il a tendance à faire reposer ses fautes sur les enfants.»
La Couronne a suggéré une peine de trois ans de prison dans un établissement où il pourrait obtenir une thérapie. Elle a aussi demandé que le temps de détention préventive de M. Lemaire ne soit pas compté en double parce qu'il a été emprisonné après avoir plaidé coupable.
La défense, de son côté, s'y est opposée. Me Lebel a aussi indiqué que son client n'avait pas usé de violence dans ses crimes, qu'il avait évité de faire témoigner les victimes et qu'il avait des remords.
Ses victimes ne sont toutefois pas épargnées, ont indiqué leurs mères, hier, interrogées à leur sortie de la salle d'audience. «Ils sont marqués à vie, a dit l'une d'elles. Ils ont des problèmes de comportement, de la difficulté à l'école. Ils sont agressifs et se sentent coupables. Ils doivent être suivis en thérapie.»
Le juge de la Cour du Québec Pierre Bachand doit rendre sa sentence le 9 février.











