Bisbille à Dunham

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Le torchon brûle entre le maire de Dunham... (photo Stéphanie Mantha)

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Le torchon brûle entre le maire de Dunham et ses conseillers, ont pu constater les quelque 200 personnes qui ont assisté, samedi, à une rencontre sur le règlement concernant la protection des berges, la sécurité nautique et la santé du lac Selby.

photo Stéphanie Mantha

Marc Gendron
La Voix de l'Est

(Dunham) La rencontre d'information de samedi dernier sur le règlement concernant la protection des berges, la sécurité nautique et la santé du lac Selby, à Dunham, aura laissé les quelque 200 citoyens y ayant participé avec plus de questions que de réponses en tête. Mais ils sont surtout repartis de l'école La Clé des champs avec la certitude que rien ne va plus entre le maire Jean-Guy Demers et ses conseillers.

Avant même le début de la séance, des jeux de coulisse avaient contribué à en miner l'ambiance. Ce qui avait été annoncé comme une occasion de discuter du règlement avec les résidants du secteur du lac Selby s'est avéré en fait une véritable séance du conseil, à laquelle les conseillers avaient été dûment convoqués par lettre enregistrée pour participer au «vote sur le règlement No 293-09».

 

«Je n'avais pas le choix de les convoquer comme ça, s'est défendu le maire Demers à la fin de la rencontre. Si je ne l'avais pas fait, il y a de mes conseillers qui ne se seraient même pas présentés. Mais je vous assure que je n'ai jamais eu l'intention de demander le vote là-dessus ce matin.»

Certains élus n'ont pas manqué de critiquer en entrevue la stratégie de leur maire, montrant des signes d'impatience et de désapprobation à de nombreuses reprises lorsque Jean-Guy Demers s'adressait à ses concitoyens.

«On est cinq conseillers qui avons étudié son règlement jusqu'à 11h vendredi soir, raconte Pierre Janecek. Et quand on est arrivés à la séance d'information, il a distribué une nouvelle version du règlement au public. C'est rire de nous autres.»

«Il n'a rien à faire des idées et de l'opinion des autres, ajoute la conseillère Marie-Claude Demers. Il veut mener les choses à sa manière. Nous avons demandé une expertise juridique concernant son projet de règlement et on s'est fait dire de ne pas toucher à ça. Il n'a rien écouté et a tout de même présenté son projet.»

Le conseiller Yvon Couture a quant à lui voulu informer ses concitoyens qu'à l'avenir, il ne fallait plus considérer que le maire Demers s'exprime au nom du conseil.

«Dans l'article de La Voix de l'Est de samedi, le maire Demers disait parler au nom du conseil. Ce n'est pas vrai, tranche-t-il. Considérez qu'il ne parle qu'en son nom personnel.»

Conseil blâmé

Confirmant que l'entente et la bonne foi n'animaient plus les travaux du conseil municipal, le maire Demers ne s'est pas gêné pour jeter le blâme sur les membres de son conseil pour expliquer cette dissension.

«Ils n'acceptent pas que j'aie battu Marcel (Poirier, ancien maire de Dunham). Ils me voient comme un étranger dans leurs terres. De toutes façons, ils ne connaissent pour la plupart même pas leurs dossiers. Et Tanguay (Alain, conseiller) n'accepte pas que le maire veuille se mêler de leurs affaires.»

Jean-Guy Demers dit avoir tenté à de nombreuses reprises des rapprochements avec ses conseillers, surtout avec Alain Tanguay, mais en vain.

«Il a refusé systématiquement toutes mes invitations à le rencontrer», dit-il à ce propos.

Alain Tanguay admet n'avoir répondu à aucun des courriels du maire.

«Tant que ses messages seront truffés d'insultes et rédigés sur un ton agressif, je n'y répondrai pas, martèle le conseiller du district 2. Ç'en est assez de l'intimidation.»

Le maire Demers va même jusqu'à dire que les agissements du conseil vont contribuer à faire reculer la ville de Dunham plutôt qu'à la faire progresser.

«J'avais préparé un plan d'affaires sur huit ans pour Dunham et les conseillers n'ont même pas daigné le regarder. Ce qui est dommage, c'est que les citoyens de Dunham vont souffrir de ça pendant encore quatre ans», laisse-t-il tomber.

Pour le conseiller Pierre Janecek, la solution est simple.

«Soit il s'en va, soit il se rallie, dit-il. S'il ne le fait pas, on ne s'en sortira pas parce que nous, c'est sûr qu'on ne baissera pas les bras.»

 

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