Ils déplorent que leur procès doive se poursuivre trop loin de leur domicile, soit à Sherbrooke, en septembre, et qu'à cause de cela ils ne se trouvent pas d'avocat pour les représenter.
Le juge de la Cour supérieure Yves Tardif a fixé leur procès au 18 septembre dans la reine des Cantons-de-l'Est. La cour voulait un district à proximité de celui de Bedford, où les accusés sont moins connus et où leurs démêlés judiciaires ont été moins médiatisés.
Le tribunal voulait aussi pouvoir puiser dans un bassin suffisant de candidats jurés bilingues. Le hic, c'est que ce changement de venue fait que tous les accusés du projet Cure se retrouvent maintenant sans avocat.
Quatre d'entre eux (le présumé chef du gang Werner Kyling et son épouse Marthe Vandervalk, Patrick Roy et Martin Clohosy) se représentent seuls; les avocats des neuf autres (Rudy et Anne-Lise Kyling, Benoît Gagnon, Amanda Bordo, Brian Bordo, Bessie Larose Bordo, Martin Castilloux, Danny O'Shea et Gilles Couture) se sont récusés en décembre en plaidant la distance trop grande entre leur domicile la plupart sont de Montréal et le palais de justice de Sherbrooke.
»Pas de bon sens»
«Ça n'a pas de bon sens de nous envoyer à Sherbrooke. Imagine le voyagement: deux heures le matin et deux heures le soir», s'est plainte l'une des accusées, Anne-Lise Kyling, la fille de Werner Kyling, dans un courriel envoyé à La Voix de l'Est. Mme Kyling n'a pas répondu à nos appels.
À la suggestion du juge Tardif, les accusés ont récemment distribué des tracts à une convention d'avocats criminalistes à Magog. On pouvait y lire: «Neuf accusés sans le sou recherchent un avocat disponible pour un procès de six mois devant jury au palais de justice de Sherbrooke débutant au mois de septembre 2010».
Mais jusqu'à maintenant, leurs démarches n'ont pas porté leurs fruits. «Quel avocat voudrait s'impliquer dans notre cause?», demande Mme Kyling, qui dénonce aussi la pression de se trouver rapidement un procureur. «Il est clair dans la loi qu'un accusé a le droit de (prendre) l'avocat de son choix. Ce n'est pas non plus de prendre le premier avocat venu, sans expérience et qui ne veille pas à nos intérêts.»
Qu'arrivera-t-il si les accusés ne peuvent pas se trouver un avocat à leur convenance? À cette question, Me Robert Rouleau, membre de l'équipe des procureurs de la Couronne pour le projet Cure, sourit. «C'est sûr qu'ils vont se trouver un avocat, il y a 10 000 avocats au Québec», a-t-il dit.
Il est possible, toutefois, que la date de début du procès soit à nouveau reportée... cinq ans après l'arrestation des suspects. Les accusés ont en effet été arrêtés en juin 2005 à la suite d'une importante rafle policière impliquant la SQ, la GRC et des limiers américains. Ils auraient exporté plus de 1000 kg de cannabis par année aux États-Unis depuis 1994.
Deux accusés ont déjà déposé une requête pour annuler le procès en citant des délais déraisonnables. Leur requête doit être entendue sous peu. «En bout de ligne, tout est fait pour nous drainer et nous pousser à plaider coupable», dit Mme Kyling.











