Temps durs pour les agriculteurs

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Chute des prix, concurrence accrue des produits importés,... (photo Alain Dion)

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Chute des prix, concurrence accrue des produits importés, assurance stabilisation moins généreuse... Les agriculteurs comme Francis Meunier, de Saint-Paul-d'Abbotsford, ne voient pas la vie en rose, par les temps qui courent.

photo Alain Dion

Michel Laliberté

Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Saint-Paul-d'Abbotsford) En agriculture, le mot d'ordre est le même que dans les autres secteurs économiques: il faut faire plus avec moins, réduire ses coûts fixes, augmenter sa productivité.

C'est ce que Francis Meunier s'ingénie à faire année après année. Ce producteur de veaux de grain de Saint-Paul-d'Abbotsford se demande cependant s'il n'est pas perdant en fin de compte. Parce que malgré ses gains de productivité, on semble toujours lui en demander davantage.

 

Ainsi, pour profiter pleinement du programme d'assurance stabilisation de ses revenus, M. Meunier doit répondre à des normes minimales de coûts de production exigées par la Financière agricole. Et ces normes sont de plus en plus sévères. C'est sans fin, croit-il.

«Si tu veux réussir, tu dois battre le système. Mais tous les trois ans, ils revoient la base des calculs et établissent de nouvelles normes, explique-t-il. À la hausse, bien entendu. Ils t'en demandent toujours plus.»

Le résultat est que les producteurs peinent à faire leurs frais. Plusieurs en sont incapables, souligne M. Meunier. Et ça ne se limite pas aux veaux de grain, une espèce peu répandue au Québec où les quelque 130 producteurs élèvent 85 000 bêtes chaque année.

Les nouvelles normes font que les producteurs reçoivent maintenant 75$ de moins par veau de la part de la Financière agricole en raison des normes minimales de production. Il faut aussi compter 25$ de moins provenant de l'assurance stabilisation, compressions budgétaires obligent.

Coûts fixes

C'est une importante diminution, fait valoir M. Meunier, dont le cheptel compte 400 bêtes. Il rappelle qu'il doit acheter les veaux à la naissance (entre 75$ et 80$), les amener en sept mois de 105 livres à 356 livres (excluant la carcasse). Rendu à l'abattoir, on lui donne 1,70$ la livre.

Ça paraît énorme comme montant. Mais il faut considérer, souligne M. Meunier, que les producteurs doivent payer la nourriture de leurs animaux, leurs soins vétérinaires, qu'ils doivent assumer les coûts fixes (électricité, hypothèques des bâtiments agricoles, prêts pour les équipements, etc.).

L'an dernier, les producteurs de veau de grain dégageaient un profit d'environ 100$ le veau. Les nouveaux calculs de la Financière agricole les privent en bout de ligne de... 100$ le veau.

«On fait à peine nos frais», déplore le jeune producteur. Il demeure tout de même optimiste. «Je vais réussir à m'en sortir, dit-il. J'espère.»

 

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