«On est en discussion un peu partout pour des projets de développement éolien, mais la population n'est pas au courant. Il faut nous réveiller comme population et comme organisation syndicale», affirme la présidente du conseil, Pierrette Poirier, qui précise que la CSN pratique un type de syndicalisme élargi comprenant des questions environnementales.
Plusieurs projets éoliens approuvés par le gouvernement n'ont jamais pu voir le jour parce que la population touchée n'avait pas été impliquée dans le processus de décision. D'ailleurs, un projet coopératif d'implantation de 12 éoliennes qui soulève des vagues dans la région de Bedford sera déposé à Hydro-Québec en juillet prochain.
Selon la CSN et les deux consultants en développement invités au congrès, la solution pour arriver à créer les 4000 MW d'énergie éolienne d'ici 2015 passe par la nationalisation. «C'est clairement une voie à envisager. Ça bénéficierait à l'ensemble de la société québécoise, en plus de générer des revenus à l'État», affirme Mme Poirier.
«Actuellement, le gouvernement lance des appels d'offres (via Hydro-Québec) auprès d'investisseurs privés, avec, comme principal critère de choix, le prix. L'acceptation sociale est limitée, parce que le promoteur tente d'abord de spotter un gisement éolien rentable dans la province, mais il ne peut faire de consultation étendue», explique Me Dominique Neuman, porte-parole de l'organisme environnemental Stratégies énergétiques (S.É.). Selon ce dernier, des projets éoliens de 2860 MW ont été approuvés, mais seulement quelques-uns, totalisant 657 MW, ont vu le jour en raison de l'opposition des populations qui n'avaient pas été consultées au préalable. Le gouvernement a aussi lancé un appel d'offres auprès des communautés pour créer 250 MW d'énergie éolienne au Québec. Mais, là aussi, le processus de consultation serait à revoir, affirme Kim Cornelissen, consultante en développement durable régional et international. «Souvent, c'est le maire seul qui veut répondre à l'appel d'offres, puis qui tente de convaincre le conseil municipal, puis en informe ensuite la population. Mais, consulter, ce n'est pas informer», note-t-elle.
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