«Je n'ai jamais vu des échanges aussi inacceptables, bas et personnels de la part d'un premier ministre et d'un chef de l'opposition», a-t-il affirmé en dressant un bilan de la session, hier. Une ambiance d'autant plus désagréable pour celui qui avait promis de ramener de la discipline au sein de l'Assemblée nationale. «La politique a perdu ses lettres de noblesse. C'est toute la classe politique qui en paye le prix, car on est tous éclaboussés par ça. Heureusement, l'ADQ a su rester au-dessus de ces débats», avance-t-il, en qualifiant les échanges de «pitchage de bouette».
Quand on lui fait remarquer la quasi-absence de son parti dans les bilans de fin de session des analystes politiques, M. Bonnardel rétorque que sur le terrain, il sent que l'ADQ est «plus pertinent que jamais». «On reste les kickeux de canisses, les chiens de garde de la population. Le verdict final, c'est l'opinion publique», affirme-t-il.
À preuve, ajoute François Bonnardel, le récent sondage Léger Marketing publié pour le compte du Devoir et The Gazette, dans lequel l'ADQ récolte 13% des intentions de vote au provincial. «C'est un peu la renaissance du parti, comme l'objectif de six mois qu'on s'était fixé avec l'arrivée de Gérard Deltell comme nouveau chef.»
Ce dernier ne cache pas qu'avec seulement quatre représentants à l'Assemblée nationale, revenir en force est un défi de longue haleine. «L'année 2009 a été une mauvaise année, mais on la met de côté. On est maintenant un parti reconnu, on pose des questions en Chambre et on fait des sorties publiques bien étoffées.»
Le même sondage montre cependant qu'à peine 8% des répondants considèrent que Gérard Deltell ferait le meilleur premier ministre du Québec.
Les crises du PLQ
Comme son chef, François Bonnardel tire à boulets rouges sur le gouvernement de Jean Charest. «Le Parti libéral a géré plus de crises que de dossiers depuis six mois», avance le politicien.
La dette et les finances publiques l'inquiètent aussi sérieusement. «L'équation est simple: on a le plus bas taux de natalité en Amérique, un problème de décrochage scolaire et de moins en moins de travailleurs qui vont se partager l'assiette fiscale. Il y a un déséquilibre immense. La dette devra être réduite», martèle-t-il. Selon lui, la situation financière du Québec demeure précaire. «On se serait attendu à ce que le gouvernement fasse quelque chose, mais l'effort n'est pas là.»
Le dossier le plus épineux demeure, à son avis, la mesure sur la santé dans le dernier budget de Raymond Bachand. «Les Québécois vont payer encore plus sans avoir de meilleurs services de santé», déplore le député.
Dans Shefford
Localement, François Bonnardel s'est montré particulièrement fier de l'agrandissement de l'aréna de Granby et de la bibliothèque du cégep de Granby-Haute-Yamaska, de la construction d'une nouvelle école à Granby, ainsi que de l'annonce de la phase 2 des travaux de modernisation du Zoo. «Celui qu'il reste à travailler, c'est le projet de 66 lits de longue durée. Il ne faut pas que ça devienne notre CHUM...», glisse-t-il.
Questionné sur le centre À petit pas pour les enfants d'âge préscolaire aux prises avec des troubles envahissants du développement un de ses engagements électoraux de 2008 M. Bonnardel assure que le projet est toujours vivant. «Des rencontres ont eu lieu. J'espère toujours que ça se fera. Tout est une question de financement», dit-il. Aucun échéancier n'est fixé dans ce dossier.
Finalement, à ceux qui le voient encore passer du côté des libéraux, François Bonnardel demeure inflexible. «Je serai de la prochaine élection avec l'ADQ. Mes valeurs et mes convictions sont fortes et j'ai du plaisir à faire mon travail», lance- t-il en précisant que s'il en avait eu le désir, il aurait déjà pu changer de camp maintes fois.











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