Les refus s'accumulent

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Est-ce la conséquence de durs lendemains post-récession? Les refuges pour... (Photo Janick Marois)

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Pascal Faucher

Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Est-ce la conséquence de durs lendemains post-récession? Les refuges pour personnes en difficulté accueillent et refusent plus de gens cette année que jamais auparavant.

«Depuis que nous existons, je n'ai jamais vu ça», affirme le directeur de la maison Le Passant, Yves Longpré. Son organisme accueille depuis 1982 des hommes qui vivent des problèmes financiers, conjugaux ou de consommation de drogue ou d'alcool.

Or le taux d'occupation moyen de ce refuge a atteint 93% au cours des trois derniers mois. «Notre plus haut taux jusqu'à maintenant», dit M. Longpré. Le Passant affiche présentement complet, comme c'est souvent le cas, et ce, malgré ses 17 lits. Et il refuse plus de gens que jamais, faute de place: environ 350 l'an dernier.

«On trouve ça plate de refuser du monde, mais on n'a pas le temps de réfléchir à ça! souligne le directeur. On est trop occupés, et c'est notre mission de continuer.»

»Il y a plus de pauvreté»

La situation est semblable à l'Auberge sous mon toit, qui héberge des jeunes hommes adultes en difficulté ou sans abri. L'affluence est élevée et l'endroit, qui affiche lui aussi complet, refuse de plus en plus de demandes.

«D'habitude, ça ralentit un peu l'été, mais là ce n'est pas le cas, indique le coordonnateur Alain Massé. On sent qu'il y a plus de pauvreté.» Un sentiment partagé aussi par les responsables de la ressource Transition pour elles, à Granby, et par le refuge pour jeunes Espace vivant/Living room, à Cowansville.

«La détresse est là, dit M. Massé. Et les difficultés sont plus multiples qu'avant: des mélanges de problèmes d'argent, mais aussi de toxicomanie, de jeu, d'alcoolisme, de solitude...» Il dit aussi voir beaucoup plus de jeunes itinérants.

Yves Longpré sent aussi que «la misère est plus présente». Mais pourquoi? «Les gens n'ont souvent pas des bons salaires, et il y a beaucoup de pertes d'emploi, estime-t-il. Les gens ne sont pas nécessairement à la rue, mais ils ne sont pas stables. Il faut être fait fort aujourd'hui pour réussir.» Il blâme aussi les fléaux que sont le jeu, l'alcool et la drogue, où les rechutes sont fréquentes.

Pessimiste, M. Longpré croit qu'on n'éliminera jamais la misère. Pour sa part, Alain Massé signale que l'éducation et la prévention sont les meilleurs outils contre la pauvreté. Il déplore aussi que l'aide sociale ne soit jamais indexée au coût de la vie. «Même nous, il faut être imaginatifs pour boucler notre budget.»


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