Enfant forcé à se prostituer : «Ce n'est jamais arrivé», dit sa grand-mère

Marc Gendron
La Voix de l'Est

(Granby) La grand-mère du petit Larry (nom fictif), cet enfant qui, vers la fin de 2006, aurait été forcé de se prostituer dans le sous-sol de la maison où il habitait avec le reste de sa famille, à Granby, a admis un certain nombre de choses au cours de son témoignage, présenté hier devant le juge Serge Champoux de la Cour du Québec.

Elle a entre autres admis avoir prodigué de petits «extras» aux clients qui, au terme du massage de trente minutes qu'ils recevaient chez elle, en faisaient la demande, fait la nomenclature des prix pour les différentes faveurs sexuelles qu'elle offrait, confié aimer les jeux de hasard et se rendre souvent à Toronto pour y jouer au casino et confié avoir déjà crié après son petit-fils.

Mais en aucun cas, soutient-elle, son petit-fils n'a été impliqué dans des activités à caractère sexuel avec des clients.

«Ce n'est jamais arrivé, a fait savoir la femme de 54 ans d'origine chinoise par la bouche d'une interprète. Et je n'ai jamais frappé mes petits-fils non plus.» Elle et sa fille, la mère de la victime, sont accusées d'agression sexuelle et de proxénétisme.

L'accusée allègue même que jamais ses petits-fils ne sont allés au sous-sol, là où les agressions auraient eu lieu, qu'ils se contentaient de demeurer dans leur chambre du premier étage où ils jouaient à des jeux vidéos.

Nombreuses absences

Pendant la période comprise entre septembre 2006 et janvier 2007, période au cours de laquelle Larry a habité chez sa grand-mère en compagnie de son frère cadet et de sa mère, le jeune enfant, âgé de huit ans à l'époque, a manqué l'école à plusieurs reprises.

«Il était souvent malade», a expliqué la grand-mère.

Le procureur de la Couronne, Me Claude Robitaille, a d'ailleurs questionné la dame sur ces absences répétées, cherchant à savoir si elle pratiquait ses activités illicites même lorsque le petit était à la maison.

«Non», a-t-elle simplement répondu.

«Si vous ne travailliez pas lorsqu'il était là, ni le soir, ni lors de vos voyages à Toronto ou en Chine, ça ne vous laissait pas beaucoup de temps pour travailler. Comment faisiez-vous pour payer toutes vos dépenses?» a demandé le procureur.

À cette question, la dame a rétorqué que la maison qu'elle habitait à Granby et qui lui servait aussi de studio de massage ne lui coûtait pas si cher, que ses revenus, s'échelonnant de 600$ à plus de 1000$ par semaine selon l'affluence de la clientèle, suffisaient amplement à couvrir les dépenses courantes ainsi qu'à subvenir aux besoins de sa fille de 32 ans et de ses petits-fils.

L'article complet dans La Voix de l'Est d'aujourd'hui.

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