De Bedford à Waterloo en passant par Bromont, Dunham et bien sûr Granby, les artistes ou groupes artistiques de la région ont été nombreux à tenter de faire connaître leurs champs d'activité. Quant au public, c'est à toutes les sphères de la culture qu'il a eu droit pour cette 12e édition des Journées tenue de vendredi à hier, et ce, peu importe sa préférence entre la littérature, les arts visuels ou encore les arts de la scène, par exemple.
S'ils se réjouissent de l'affluence à laquelle ils ont assisté, les artistes rencontrés hier à Granby ont surtout souligné la pertinence de l'événement et l'importance qu'il revêt dans le contexte que l'on connaît.
«Dans toute l'histoire des coupures, beaucoup de gens semblent penser que c'est facile d'être artiste et qu'on passe nos journées assis devant nos tableaux», déplore la peintre et spécialiste des techniques mixtes, Hélène Plourde, qui, avec neuf collègues, a tenu une exposition à l'ancienne usine d'Imperial Tobacco.
«Avec environ 200 visiteurs en fin de semaine, nous sommes contents d'avoir pu créer un lien avec la population, chose qui n'est pas toujours évidente dans une galerie d'art, reprend-elle. C'est très encourageant pour nous.»
Se faire voir
Ce dernier aspect, celui de la visibilité, est l'élément qui a le plus retenu l'attention d'Éric Barsalou. Propriétaire de l'école de cirque Alzado, il a passé la fin de semaine à offrir gratuitement des ateliers d'initiation aux arts du cirque devant l'église Saint-George, accueillant au total quelque 80 curieux.
«C'est important de montrer l'identité culturelle d'une région et de faire connaître les alternatives aux arts de la scène traditionnels, soutient-il. Pour réussir, les artistes n'ont pas le choix de se faire voir.»
«Les gens s'arrêtent spontanément et sont tout à fait capables d'apprécier ce qu'on leur propose, enchaîne Michelle Beauvais, qui perpétue le tressage des ceintures fléchées dans la région. C'est donc pourquoi il faut continuer à leur montrer ce qu'on fait.»
Enfin, un dernier dénominateur commun qui s'est dégagé des entretiens avec les exposants du week-end est celui des effets de ces Journées de la culture. Alors qu'on salue l'initiative d'avoir fait vivre cette classique annuelle depuis plus d'une décennie, on estime néanmoins qu'il faudrait que son rayonnement déborde davantage de ces trois jours d'automne.
C'est le peintre Gérard Desrochers, membre du Collectif de l'Impérial Tobacco en arts visuels, qui a le mieux résumé la situation, concluant que «finalement, les Journées de la culture constituent un amuse-gueule précédant un repas principal qui devrait être servi toute l'année.»










