The Lost Fingers...

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Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est

(Waterloo) Les trois gars de The Lost Fingers ont beaucoup de fun. Il faut dire qu'il n'y a pas 56 000 autres raisons valables pour reprendre des classiques des années 1980 en jazz manouche mis à part vouloir s'amuser un peu. Et quand, en plus, le public aime ça, le bonheur n'en est que plus grand.

«C'est hallucinant à quel point notre ascension s'est faite rapidement», lâche Byron Mikaloff lorsque joint au téléphone.

 

Et il a de quoi se surprendre. Lui et ses deux comparses, Alex Morissette et Christian Roberge, font partie de la scène musicale québécoise depuis moins d'un an et déjà, leur Fan Club est imposant.

On se rappellera d'ailleurs leur passage au festival Musique en vue de Cowansville, l'été dernier, où ils avaient réussi à attirer plus de 1000 spectateurs détrempés jusqu'à tard dans la soirée malgré l'averse qui s'abattait sur le site depuis plusieurs heures.

Ils ont aussi conquis le public du Festival international de jazz de Montréal et du Festival d'été de Québec, pour ne nommer que ceux-là. Il faut dire que les voir en show, c'est quelque chose. Même les gars s'entendent pour le dire. «Les gens qui viennent nous voir en show trippent encore plus que quand ils écoutent l'album», soutient Byron.

Jazz manouche

L'album, Lost in the 80's, est sorti en mai 2008. De grands classiques tels que Pump Up the Jam, You Shook Me All Night Long et Black Velvet reprennent soudainement vie avec humour et virtuosité sous les arrangements de jazz gitan des trois boys. «À ma connaissance, on est le seul groupe sur la planète à rendre hommage à une époque sur du jazz manouche, confie le guitariste. Je pense qu'on peut dire qu'on a trouvé notre place.»

En effet. Plus de 150 000 copies ont trouvé preneur, et l'opus s'est retrouvé en nomination dans la catégorie du Meilleur album anglophone lors du dernier gala de l'ADISQ. Il est aussi en nomination pour deux Juno, soit Album de l'année et Choix des fans.

S'ils avouent ne pas être des fans finis des années 1980, Alex, Christian et Byron admettent rire un peu de cette époque, mais lui donnent une «autre dimension». «On garde le côté entraînant, mais sans les sons quétaines», avoue Mikaloff.

Christian et lui ont commencé à reprendre les grands classiques en version jazz manouche comme ça, pour le fun. «En fait, on travaillait déjà ensemble sur différents projets de musique latine, classique et aussi du jazz gitan. Alex s'est joint à nous il y a deux ans», précise Byron.

On connaît la suite. Mais ce qu'on connaît peut-être moins, c'est que la carrière internationale de The Lost Fingers est déjà amorcée, et de belle façon. Fin janvier, le trio s'est rendu en France pour une tournée de promotion. Il y est retourné cette semaine pour une série de trois spectacles.

Leur album se vend également très bien au Mexique, et des promoteurs d'Espagne et de la Grèce s'intéressent sérieusement à ce que font les trois copains.

Les deux pieds sur terre

Malgré une ascension fulgurante, les gars gardent les deux pieds sur terre. «On ne se voit pas vraiment comme des vedettes, relate Byron. On se considère plus comme des musiciens. On est des gars très terre à terre, avec un bon sens de l'humour, et on travaille très fort.»

D'ailleurs, ils sortiront un deuxième album au printemps, un disque uniquement en français cette fois-ci. «On a pigé dans le répertoire français et québécois. Il y aura entre autres La dame en bleu de Michel Louvain», mentionne Byron.

Si le concept reste sensiblement le même pour cette fois-ci, il n'est pas exclu que The Lost Fingers se tourne éventuellement vers autre chose. «Nos arrangements, c'est ce qui fait notre marque de commerce. Mais on ne dit pas non à faire nos propres compositions», laisse entendre le guitariste.

The Lost Fingers sera en spectacle à la Maison de la culture de Waterloo le samedi 7 mars prochain, à 20h. Les billets sont en vente au coût de 27 $.

 

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