Pour la nostalgie, le rock et les classiques

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Michel Tassé
La Voix de l'Est

(Granby) Mike Reno se souvient encore de cette soirée de 1982 alors que Loverboy a remporté un record de six prix Juno. La formation de Calgary avait vendu cinq millions d'exemplaires de Get Lucky, son deuxième album, et était considérée comme un des 10 groupes rock les plus populaires de la planète.

«Burton Cummings était l'animateur de la soirée et, à un moment donné, il a lancé: «On vous revient après la pause pour la suite du spécial Loverboy!», raconte Reno en riant. Vraiment, ça démontre bien à quel point ça roulait, nos affaires.»

 

Oui, ça roulait pour Loverboy à l'époque. Avec des hits comme Working for the Weekend, The Kid is Hot Tonite, Turn Me Loose, Hot Girls in Love, Lovin' Every Minute of It, This Could Be the Night, Heaven in Your Eyes et quoi encore, le band a vendu plus de 15 millions de copies de ses cinq premiers albums et s'est retrouvé régulièrement dans le top 40 du fameux Billboard. Aujourd'hui, Reno (voix), Paul Dean (guitare), Matt Frenette (batterie), Doug Johnson (claviers) et Ken Sinnaeve (qui a remplacé feu Scott Smith à la basse) surfent sur cette popularité d'antan et donnent, bon an mal an, une centaine de spectacles par année.

Et demain soir, Loverboy deviendra le plus gros invité de l'histoire de Musique en Vue, qui a attendu de célébrer sa majorité avant de finalement nous offrir un véritable gros nom de calibre international.

«On a toujours aimé jouer au Québec, reprend Reno. Je me souviens de soirées absolument extraordinaires au vieux Forum de Montréal. Les Québécois ont toujours été très bons pour Loverboy.»

Folles années 80

Loverboy incarne parfaitement les années 80. Et Mike Reno l'avoue: il est un brin nostalgique quand il pense à cette décennie qui a été si extraordinaire pour la formation.

«Les années 80, c'était complétement fou, explique celui qu'on a joint chez lui, à Vancouver. C'est pas compliqué, on a fait toutes les folies que tu peux imaginer que l'on a faites. On était jeunes, on avait du succès, on avait de l'argent, la vie était belle, la vie était facile. On a trippé, on a trippé fort et on ne regrette absolument rien.»

Mais Loverboy n'a jamais obtenu le même succès par la suite. L'arrivée du grunge a fait mal au groupe, dira Reno, aujourd'hui âgé de 53 ans.

«Ce qu'on proposait, nous, c'était du hard rock, quelque chose d'énergique accompagné d'un discours positif. Le grunge était tellement loin de nous, mais c'est ce qui fonctionnait dans les années 90. Et on n'a jamais voulu changer, on n'a jamais voulu faire autre chose que ce dans quoi nous avions l'impression d'être les meilleurs. On avait la tête dure...»

Mais les artistes canadiens qui ont vendu des millions d'albums ne sont pas légion et Loverboy n'a pas volé sa place au sein du Canadien Music Hall of Fame. Le band a été intronisé à l'occasion du dernier gala des prix Juno.

«Quand tout a commencé, dans les années 80, on était juste contents de gagner notre vie avec la musique et d'être sur scène à tous les soirs. On ne pensait pas aux honneurs et aux affaires du genre. Mais aujourd'hui, 30 ans plus tard, c'est agréable d'être reconnus, c'est agréable de voir que les gens apprécient ce qu'on a fait. Par contre, je m'écoute parler et j'ai l'impression qu'on commence sérieusement à penser comme des vieux!»

Classiques

Loverboy a donné au rock des pièces qui sont devenus des classiques. Mieux encore, une toune comme Working for the Weekend est devenue un véritable hymne.

«Encore aujourd'hui, la réaction est très, très forte en show. Mais je comprends. Encore plus de nos jours, les gens travaillent très fort toute la semaine et ils rêvent à l'arrivée du week-end parce qu'ils ont hâte de s'amuser un peu. Le monde aime la chanson et nous, on a encore beaucoup de plaisir à la chanter.»

Oui, les gars ont encore du plaisir, assure Mike Reno. Et quand on lui demande si la formation a des plans, le chanteur rigole à l'autre bout du fil.

«Le plan, c'est qu'on ne fait pas de plans! On se fait plaisir, on fait plaisir aux gens et c'est parfait comme ça.»

Et les fans n'en demanderont pas plus, demain soir.

 

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