Ce documentaire, intitulé Bombardier, sur les sentiers de ma famille, est la toute première production de la petite-fille de Joseph-Armand. « L'idée m'est venue en 2003 quand Bombardier s'est départi de sa division de produits récréatifs, explique Mme Bissonnette. Ça m'a fait tout un choc parce que je ne savais pas qui allait prendre la relève de ce qu'avait créé mon grand-père. «
Pour que le souvenir reste intact, elle a donc voulu dresser un portrait fidèle de l'inventeur de la motoneige qui aurait eu 100 ans en 2007 et de ses successeurs qui ont permis à l'entreprise de devenir une véritable multinationale en intégrant son oncle, Laurent Beaudoin, à son film.
« Le but initial du reportage était de jeter un regard plus humain sur mon grand-père, d'aller parler avec des gens proches de lui, sa famille, des gens qui avaient travaillé avec lui. Mais le projet a pris de l'ampleur et j'ai décidé de montrer deux regards différents, celui de l'inventeur et celui de l'entrepreneur, avec comme trame de fond la compagnie «, raconte la productrice, qui a travaillé de concert avec Ginette Petit dans cette aventure.
Connaître son aïeul
La tâche était colossale : raconter 100 ans d'une histoire aussi riche que celle de Joseph-Armand Bombardier en 52 petites minutes. Pourtant, Nathalie Bissonnette y est parvenue. Et à travers les multiples entrevues qu'elle a effectuées notamment auprès des enfants du plus célèbre Valcourtois et de ses plus proches collaborateurs, elle a appris à mieux connaître son aïeul.
« Je n'ai jamais eu la chance de rencontrer mon grand-père parce qu'il est mort avant que je naisse, relate-t-elle. J'entends son nom partout, mais c'est comme un mythe pour moi. Mais les gens qui l'ont connu disent que c'était un homme capable de les amener à quelque part d'autre avec ses inventions, qu'il était aussi très persévérant ça lui a quand même pris 12 ans pour breveter sa première motoneige et qu'il était très inspirant parce qu'il cherchait toujours des solutions quand quelque chose ne marchait pas. «
Elle a également pu le connaître grâce à des archives visuelles familiales qu'elle fait évidemment partager dans son oeuvre. « Son frère (à Joseph-Armand Bombardier) avait le souci de filmer différentes étapes des inventions et des créations qu'ils faisaient. C'est un véritable cadeau que d'avoir eu accès à des archives comme ça. Il y a aussi une entrevue que mon grand-père a donnée à Radio-Canada dans les années 60. C'était très touchant d'entendre la voix de celui que tout le monde semble connaître mieux que moi «, indique celle qui, bien qu'elle vive aujourd'hui à Montréal, possède encore une maison à Valcourt « par pur attachement à ce coin de pays «.
Le côté humain, comme on vous disait plus haut, est également présent dans le documentaire à travers de petites anecdotes « croustillantes «, comme les appelle la petite-fille de l'inventeur. « On parle de la passion de mon grand-père pour le ping-pong et de celle de mon oncle pour les cartes, cite-t-elle en exemples. Dans les deux cas, les deux hommes sont très compétitifs... «
La productrice tient toutefois à dire que le documentaire ne traite pas juste des succès de l'entreprise. « Il y a aussi eu des difficultés et j'ai voulu les montrer parce que Bombardier a su les surmonter. Il y a eu trois grosses crises : le déneigement des routes, la crise du pétrole des années 70 et la vente de sa division de produits récréatifs. J'en traite dans mon film «, dit celle qui travaille dans le domaine du multimédia.
Dans tous les cas, tout au long de cette double biographie personnelle et entrepreneuriale, Nathalie Bissonnette n'est là qu'à titre de narratrice. « Ce sont eux, la famille, des gens avec qui mon grand-père et mon oncle ont travaillé, des connaissances, qui nous racontent leur histoire. Rien de tel n'avait été filmé avant ça «, soutient-elle.
Le documentaire de Nathalie Bissonnette, coproduit avec Ginette Petit, sera diffusé en primeur à Zone Doc sur les ondes de Radio-Canada à 21 h vendredi. Il sera en reprise dimanche, à 14 h.











