Mais considérant que le concert de la chanteuse ne sera vieux que de trois représentations au moment où l'ex-académicienne devenue rockeuse à part entière montera sur les planches du Palace demain soir, on peut considérer que le public granbyen aura droit au matériel flambant neuf de la tournée Version 3.0, nommée d'après l'album du même nom paru en septembre dernier. Le show 3.04, quoi.
Cette tournée, Marie-Mai (Bouchard, de son nom de famille) n'en pouvait plus de l'attendre. Après avoir délaissé la scène pour préparer et lancer son dernier disque, puis en avoir assuré la promotion et l'adaptation pour la scène, l'auteure-compositeure-interprète n'espérait qu'une chose: accoucher de son troisième spectacle et le partager avec le public.
«Ça fait un peu plus de six mois qu'on a fini la tournée de Dangereuse Attraction (du titre de son deuxième opus), et j'avais tellement hâte de repartir! , lance au bout du fil la chanteuse de 25 ans. J'aime tous les aspects de mon métier, que ce soit les entrevues, les passages à la télé, etc., mais il n'y a aucune sensation qui m'apporte autant de joie que la scène, quand les gens se déplacent pour faire le party avec moi.»
Et un party, elle en promet tout un. Bête de scène consacrée à moult reprises par la critique, la jeune femme traîne avec elle l'enviable réputation d'être à son meilleur en concert, propageant dans toutes les salles qu'elle visite son énergie contagieuse. Avec en plus derrière la cravate 200 000 disques vendus, 50 000 entrées au spectacle Dangereuse Attraction, une nomination pour le spectacle de l'année au gala de l'ADISQ 2008 et une autre pour l'interprète de l'année en 2009, l'ouragan Marie-Mai n'attend plus que de se déchaîner pour une troisième tournée.
Univers explosif
Sans surprise, la chanteuse propose cette fois un univers calqué sur celui de l'album Version 3.0, bien que les pièces choisies soient tirées de chacun de ses trois disques.
«C'est la plus belle tournée que j'ai faite jusqu'à maintenant, confie-t-elle. C'est un show très intense, où je m'amuse beaucoup avec mes musiciens (les mêmes qui parcourent le Québec avec elle depuis six ans). Le décor est tout sauf subtil, c'est explosif, c'est massif... C'est vraiment un show rock, et je veux que ça déménage. Il y a seulement deux chansons un peu plus tranquilles que je me permets de faire.»
Au moment de l'entrevue menée cette semaine, Marie-Mai n'avait testé son spectacle qu'une seule fois, à Rockland, en Ontario. Et selon ses dires, l'énergie qu'elle y a trouvée cadrait précisément avec la formule qu'elle met de l'avant depuis ses débuts.
«C'est toujours la même évolution: les gens sont assis au début du show, et généralement, à la troisième chanson, tout le monde est debout, raconte-t-elle. C'est ça que je veux: que les gens dansent et chantent avec moi, qu'ils partagent mon énergie.»
Même si le pep manifeste qui caractérise la blonde-devenue-noire ne se dément pas, la principale concernée se défend tout de même de présenter au Palace demain la même chanteuse qui s'y était arrêtée pour la dernière fois il y a un peu moins de deux ans.
Il faut dire que malgré son jeune âge, le métier, lui, a déjà eu le temps de rentrer depuis sa première apparition à Star Académie en 2003.
«Je dirais que mon assurance a changé, avance-t-elle. J'ai plus d'expérience, je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas, ce qui marche et qui marche moins... Je reste fidèle à moi-même, mais je suis plus en possession de mes moyens.»
Vers Vancouver
Aussi tôt soit-il situé dans sa tournée, le spectacle de Granby sera pourtant le dernier arrêt de Marie-Mai avant une pause de presque trois semaines, puisqu'elle fera partie d'une délégation d'artistes québécois invités à se produire pendant les Jeux olympiques de Vancouver.
À ce sujet, la chanteuse évite d'en dire trop, préférant réserver quelques surprises au public qui suivra les 15 jours de compétition. Si elle révèle volontiers qu'elle prendra part à un spectacle spécifiquement destiné à faire la promotion de la culture québécoise, au côté de Mes Aïeux et de Karkwa, entre autres, elle promet qu'elle sera d'au moins un autre événement musical pendant les Jeux. Lequel? Motus et bouche cousue pour l'instant.
Cette apparition à Vancouver ne fera néanmoins que s'ajouter à l'agenda déjà surchargé de Marie-Mai, qui comprend notamment le tournage au cours des prochaines semaines du vidéoclip de la pièce J'attendrai mon tour, une chanson composée à la mémoire des deux enfants tués par leur père l'an dernier à Piedmont, dans les Laurentides.
En additionnant à cela les tournées qui se succèdent les unes aux autres, l'enregistrement en studio et les participations aux projets spéciaux d'autres artistes, ça va vite dans l'univers de Marie-Mai.
Ce n'est toutefois pas elle qui s'en plaindra. Dire qu'elle en redemande serait même plus juste.
«C'est sûr que ça fait pas mal, mais j'aime ça, assure-t-elle. Je vis mon rêve, et ce n'est pas un travail ordinaire. Plus il y en a, plus je suis contente. Il faut que ça bouge!»
À tout le moins, ça devrait bouger demain soir au Palace.











