Mais les effets macabres, quoi qu'on en dise, sont peu nombreux. On est loin de Massacre à la tronçonneuse et autres Décadence.
Dans ce long métrage du réalisateur Podz, c'est surtout la tension psychologique qui prend toute la place.
Traumatisé par le viol et le meurtre de sa fille de huit ans, le chirurgien Bruno Hamel (Claude Legault) prend sur lui de se venger. Après avoir kidnappé le coupable (Martin Dubreuil, très convaincant), il l'enferme dans un chalet isolé où, sept jours durant, il lui fera subir les pires sévices, malgré l'opposition de son épouse (Fanny Mallette) et du policier chargé de le retrouver (l'incontournable Rémy Girard).
Comme il se doit, et comme le veut le message du film, les gestes de Hamel, de plus en plus désordonnés et erratiques, amènent le spectateur à se demander lequel des deux, entre le bourreau et sa victime, est le plus cruel.
La réalisation est impeccable et, pour rester dans le ton, toutes les images, même les extérieurs, sont dans les teintes de gris. Pas un rayon de soleil ne se profile à l'horizon. Le tout se déroule en plus l'automne et à Drummondville, ce qui n'arrange rien.
Pour ajouter au malaise, la musique est absente. Bref, rien qui nous permette de respirer ou de sortir un tant soit peu de cette ambiance lourde.
Dans son rôle de père de famille meurtri, Claude Legault, quasi muet durant les scènes de torture, est efficace et crédible. Fanny Mallette et Rémy Girard tirent aussi bien leur épingle du jeu, mais c'est surtout Martin Dubreuil, dans le rôle du pédophile Anthony Lemaire, qui se démarque.
Pendant presque toute la durée du film, dans le plus simple appareil, il crie et gémit à souhait, nous faisant douter dès le départ si le plan de son bourreau est humain ou non.
Le film pose franchement la question: cela vaut-il la peine de se faire justice soi-même et d'appliquer, comme le veut le titre, la loi du talion, qui veut qu'on applique un châtiment identique au crime commis?
Les spectateurs parents se sentiront, à juste titre, interpellés. Les autres sentiront eux aussi le poids de cette interrogation.











