Pourtant, si guitaristes, bassistes, batteurs, pianistes et autres ne montaient pas sur scène en même temps que la vedette qu'ils accompagnent, le spectacle adopterait un tout autre ton. C'est donc dire toute la responsabilité qui pèse sur leurs épaules.
Malgré ce travail effectué presque dans l'anonymat, loin des spots et de la célébrité, les quatre musiciens avec lesquels s'est entretenue La Voix de l'Est ne ressentent aucune amertume; ils vont même jusqu'à dire qu'ils se plaisent à merveille dans le rôle qui leur est confié.
«Tu sais, des fois, c'est l'fun de ne pas être le premier ministre», lance le batteur Clément Jr Hobbs III. Celui-ci accompagne Marimuz et Damien dans leurs tournées, tout comme le bassiste Simon Daigle un des cinq meilleurs au pays, a-t-on appris récemment. Le guitariste Yannick Labbé se joint à eux lorsque vient le temps d'accompagner Damien.
Celui qui accompagne Marimuz à la guitare, c'est Guillaume Poitras, qui joue aussi pour le ténor waterlois Pascal Gauthier. Musicien chez Maestro, il prend lui aussi plaisir à ne pas être la vedette. «Les musiciens sont souvent des gens plus hot que la star elle-même, mais qui ne veulent pas être au front. La majorité pourrait jouer avec une cagoule sur la tête que ça ne les dérangerait pas», croit-il.
Il raconte qu'il a davantage étudié pour interpréter que pour composer, et qu'il se plaît très bien dans ce qu'il fait. «Je n'ai pas la capacité de créer mes trucs ou d'être le leader d'un band», dit le guitariste.
Si Guillaume n'a jamais souhaité avoir son propre groupe avec ses propres chansons, Clément et Yannick, eux, l'ont longtemps désiré. «Mon rêve, c'était d'avoir mon band et de devenir une rock star, raconte le batteur. Mais tu te rends compte au fil du temps que les gens autour de toi ne sont pas motivés, que personne n'est assez sérieux pour pousser autant que toi tu le voudrais.»
«Quand tu commences, t'es plein d'espoir, mais tu te rends vite compte que ça ne rapporte pas assez pour les investissements que tu y mets, et c'est là que le découragement embarque», ajoute Yannick.
Pas malheureux
Même s'ils ne font pas nécessairement dans le style de musique qu'ils aiment en étant obligés de «prendre tout ce qui se présente», comme le signale Guillaume Poitras, les quatre musiciens ne se disent pas malheureux pour autant.
«Ce qui est l'fun, c'est d'apprendre tout le temps et de s'améliorer, et d'essayer de faire de ton mieux peu importe de quoi il s'agit, indique le guitariste. Et le top, c'est quand tout le monde est tellement habitué de jouer ensemble qu'on part sur un trip pas prévu. Ça, c'est vivre le moment présent à son max.»
«Et même si des fois tu fais des trucs qui te plaisent moins, il y a d'autres contrats qui sont plus l'fun, qui permettent de te réaliser», dit pour sa part Simon Daigle.
Rêves
Rêver fait aussi passer de bons moments aux interprètes. Rêver de grosses foules, rêver d'être reconnu, rêver de faire de la pop. «Céline, genre. C'est tellement gros, ça doit être malade!» s'exclament en choeur les trois musiciens de Damien.
«Ou n'importe quelle tournée mondiale devant des grosses foules de minimum 60 000 personnes. Ça doit donner une méchante drive», ajoute Clément Jr. Hobbs III.
«Être connu en tant que musicien, moi, c'est de ça que je rêve, soutient quant à lui Guillaume Poitras. Si on perce et qu'on devient hot, monsieur et madame Tout-le-monde n'entendra pas plus parler de nous parce qu'on va être connus du milieu, pas du public.»











