C'est toujours intéressant de voir un artiste faire ses premiers pas sur scène. De le voir se lancer dans le vide, peu sûr de lui, mais avec un désir de performer plus grand que nature, hésiter, faire quelques petits pas de danse timides, être un peu coincé, mais démontrer, malgré tout, un réel talent, une voix prometteuse et un charisme attendrissant. Et c'est exactement ce que l'ex-Académicien laissait transparaître, hier soir.
Ce n'est pas un reproche; on ne saurait critiquer l'audace. Mais sur la scène du Palace, il avait bel et bien l'air de ce qu'il était: un gars qui en était à son premier spectacle solo. Dès les premières notes de Cache-cache, cette chanson écrite pour lui par Linda Lemay qu'il a interprétée au piano, et pendant les deux premiers tiers de la première moitié de son spectacle, l'interprète semblait terriblement nerveux.
Très (trop) peu bavard (pour mieux se concentrer sur ses chansons, dira-t-il plus tard à la journaliste durant la mi-temps), il enchaînait les tounes de son album tel un automate qui aurait appris le déroulement de son show par coeur. Aucune interaction avec le public, encore moins avec ses six musiciens. À croire qu'on visionnait l'enregistrement de son disque au lieu d'assister à son spectacle.
Même quand il a entamé son medley Rock collection, composé de grands classiques d'époque bien connus de tous, il avait de la difficulté à se laisser aller complètement. Et c'est là que ça nous a frappé: le show semblait beaucoup trop heavy pour l'énergie que dégageait l'interprète sur scène. On aurait bien aimé le voir bouger un peu plus, mais ça, il l'aura réservé pour un peu plus tard dans son programme.











