Le maire de Dunham, Jean-Guy Demers, estime que l'entreprise n'a pas donné de garanties suffisantes qu'elle a envisagé tous les incidents possibles. Plusieurs choses peuvent survenir, estime-t-il, dont des déversements, des incendies, des actes de sabotage, souligne même M. Demers, rappelant que la station se trouverait non loin de la frontière américaine. «On ne sait jamais ce qui peut arriver.»
En plus de garanties de sécurité, M. Demers songe à demander à Montréal Pipe-Lines de constituer un fonds de protection en cas d'accidents. Il rappelle que c'est la nappe phréatique qui risque alors la contamination. «On a trop d'exemples au Québec où des compagnies ont fait faillite ou sont parties en nous laissant des cochonneries. On ne fera pas comme à Val-d'Or où des compagnies minières ont contaminé des sites puis sont parties.»
La municipalité interviendra tout au long du processus d'étude du projet de Montréal Pipe-Lines, promet M. Demers. Le dossier est maintenant devant le Tribunal administratif du Québec. Cette instance entend la contestation d'un citoyen de Dunham, Stéphane Durand. Celui-ci s'oppose à la décision de la Commission de protection du territoire agricole d'autoriser l'entreprise à utiliser un terrain agricole de cinq hectares pour y construire sa station de pompage.
Si Montréal Pipe-Lines franchit cette étape avec succès, l'entreprise devra ensuite convaincre l'Office national de l'Énergie, puis le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs.
Montréal Pipe-Lines opère depuis les années 40 un oléoduc entre Montréal et Portland au Maine. La station de pompage permettra de renverser le sens de l'écoulement du pétrole.
Le maire Demers reconnaît que la compagnie jouit d'un droit acquis pour son oléoduc. Ça ne lui donne toutefois pas le droit d'y ajouter une station de pompage, croit-il. «On ne peut pas accepter ça.»
Le directeur des opérations de Pipe-lines Montréal, Guy Robitaille, n'a pas rappelé La Voix de l'Est, hier.
Vignettes pour les bateaux
Par ailleurs, de nouveaux règlements attendent les utilisateurs du lac Selby. Une motion a été déposée lundi soir au conseil municipal de Dunham pour interdire les bateaux à moteur n'appartenant pas à des riverains. Le règlement devrait être adopté lors de l'assemblée du mardi 7 décembre.
En outre, les amateurs de kayak et de canot qui utilisent le lac Selby pour la pratique de leur sport devront laver la coque de leurs embarcations et les vider des résidus d'eau qu'elles contiennent avant de les mettre à l'eau. Cette mesure, qui touche surtout les personnes qui n'habitent pas autour du lac, vise à réduire les risques de contamination. Les dangers d'introduire des espèces végétales non indigènes, telles les moules zébrées, qui font des ravages dans le fleuve St-Laurent, existent, note M. Demers. «On ne veut pas d'espèces inconnues dans notre lac; on a déjà assez de problèmes comme ça», a-t-il dit.
La municipalité prend ces risques au sérieux. Elle aménagera une station de lavage des embarcations. Les utilisateurs devront obtenir une vignette à apposer sur leur embarcation. Des frais de 10 $ à 30 $ seront exigés. «C'est le privilège de faire du canot et du kayak sur notre lac. Il faut le protéger; on ne peut plus prendre de risques», affirme M. Demers.
Des amendes de 1000 $ seront imposées aux personnes qui ne respecteront pas ce règlement.











