Les dentistes en sont un bon exemple. Vous avez le malheur d'avoir une carie qui s'attaque au nerf de votre dent, un traitement de canal à 1000$ vous sera proposé. À ce prix-là, aucune garantie n'est donnée que vous n'aurez pas à débourser, dans quelques années pour un autre traitement ou tout simplement faire arracher la dent abîmée. Et ne croyez pas que la dent vous sera retirée gratuitement. Pour forcer un gros cinq minutes (et je suis généreuse!) vous acquitterez une facture de près de 100$.Les dentistes se défendent évidemment d'imposer des prix excessifs. "Nous avons du personnel, un loyer et de l'équipement à payer", m'a déjà servi un dentiste en guise de plaidoyer.
Comment voulez-vous qu'une famille de trois adolescents touchant un revenu moyen puisse veiller à la santé dentaire de chacun de ses membres? Les parents paient pour les enfants et se sacrifient puisque rendu à eux, les finances sont à sec. Ces derniers doivent se résigner à perdre leurs dents, incapables de se payer un traitement de canal.
Pourtant, prendre soin de ses dents ne devrait pas être un luxe. Et ne me dites pas "tu as juste à les brosser comme il le faut et à passer le fil dentaire chaque jour, tu n'auras pas de problème." Ce n'est pas vrai. Je soigne bien ma dentition et j'ai des caries.
Les dentistes ne représentent qu'un exemple parmi tant d'autres. Chaque fois que je vais au garage, le stress me gagne. Je crains toujours d'en ressortir avec une facture mirobolante.
J'imagine à quel point la vie doit être frustrante pour les travailleurs qui reçoivent un maigre salaire. Jamais d'argent pour aller au restaurant ou au cinéma. Travailler pour survivre.
Dans son bouquin Le Prince, le philosophe Machiavel recommande aux gens fortunés de réfléchir à des moyens pour soutirer le plus d'argent possible aux pauvres. Les démunis sont trop occupés à assurer leur survie pour s'instruire et s'intéresser à la politique. Alors que les riches, vu leurs besoins essentiels comblés, ont tout le temps de réfléchir, expliquait Machiavel. Sept siècles plus tard, son enseignement est toujours d'actualité.
Mais pour combien de temps encore. Travailler pour payer ses comptes n'est pas stimulant. Les entreprises sont aveuglées par leur quête du profit toujours de plus en plus grande. Ce qu'elles oublient, c'est que le salaire des travailleurs n'est pas toujours de plus en plus grand!










