D'humeur et d'eau fraîche: Des pieds et des mains

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Elle était tout juste âgée de quatre ans que ma fille démontrait déjà un grand talent pour cette discipline.
Le plus surprenant: ni son père, ni moi ne lui avions appris les bases de cet art. Comme plusieurs belles autres choses, c'est à la garderie qu'elle en a fait la découverte et l'apprentissage. C'est là aussi qu'elle a peaufiné ses tactiques et sa vitesse d'exécution.
C'est en voyage récemment qu'elle nous a fait la première démonstration de son grand talent caché. Avant ça, rien. Aucun signe apparent d'une telle aptitude. Niet.

Nous savions qu'elle aimait la danse sous toutes ses formes, mais ça...

Nous étions assis à une table en famille, un midi, quand elle a décidé, comme ça, de s'exécuter.

Comme parents, nous étions sans voix. La surprise et la fierté se lisaient dans nos yeux.

Même que les gens qui lunchaient autour de nous semblaient ébahis de la voir ainsi faire à son âge.

Haute comme trois pommes, sûre d'elle, elle faisait aller ses petites mains.

Mais le plus beau, c'est qu'elle comprenait très bien toutes les subtilités derrière ce qu'elle faisait. Et comme si de rien n'était, avec toute la candeur dont font preuve les enfants, elle nous invitait à se joindre à elle à tour de rôle jusqu'à nous défier, avec un sourire aux lèvres.

«Maman, est-ce que j'arrivais à faire ça à quatre ans?», que j'ai demandé à ma mère en jetant un oeil admiratif à ma fille.

Négatif.

Comme plusieurs parents qui tendent à pousser leurs enfants à exceller où ils ont eux-mêmes échoué dans leur enfance, j'ai décidé que ma fille allait sauver mon honneur.

Je pense sérieusement l'inscrire au prochain championnat du monde qui aura lieu chez nous, au Canada, cette année.

Comme cette discipline, à la différence de tous les autres sports, s'adresse à tout le monde, peu importe l'âge ou le sexe ?on peut même la pratiquer avec une seule main?, Poupou pourrait se mesurer à celui qui détient actuellement le titre de champion du monde et, tant qu'à y être, le déclasser!

Eduardo Villar Raposso a remporté les honneurs à Puebla, près de Mexico, au début de février devant 63 concurrents sous l'égide de la Fédération internationale de la World RPS.

C'était la première fois que le Mexique accueillait un tel tournoi. Normalement, ce genre de rencontre se déroule aux États-Unis, au Canada ou au Danemark.

Imaginez, visiter Copenhague en famille! Ça pourrait être agréable.

D'ici là, on doit fignoler notre technique.

Ce qui est bien, c'est qu'on peut se pratiquer n'importe où, n'importe quand. Au resto. Dans le bain. Dans une salle d'attente.

Ce qui est intéressant aussi, c'est que ça peut se faire en silence. Pas besoin de beaucoup d'espace, ni d'accessoire.

Vous devriez la voir quand elle s'élance. Toujours souriante, avec sa fossette dans la joue droite, elle cache sa petite main derrière son dos et récite sa petite comptine: roche-papier-ciseau!

Chaque fois, c'est de toute beauté.

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