Ce que j'en pense: Maigre salaire!

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Cynthia St-Hilaire
La Voix de l'Est

Le nouveau président de la Caisse de dépôt et de placement, Michael Sabia, a le coeur sur la main. Le gestionnaire renonce à sa prime au rendement, à une éventuelle prime de départ ainsi qu'à sa future rente de retraite. Il ne lui restera que son maigre salaire de 500 000 $ par année. Comment parviendra-t-il à boucler ses fins de mois?

La rente annuelle de 968 700 $ que lui verse son ancien employeur, BCE, lui permettra sans doute de se tirer d'affaires. Avec sa rente, combinée à son salaire de la caisse, il empochera 1 468 700 $. Par semaine ça représente environ 28 400 $. Plusieurs Québécois ne gagnent pas autant d'argent en une année.

Autre léger détail, en 2008, Sabia a encaissé 21 M $ de BCE. Mettons que ça lui donne une petite marge de manoeuvre. Une chance qu'il n'a pas fait un travail extraordinaire, il aurait ruiné les actionnaires de BCE!

 Son prédécesseur à la Caisse de dépôt et de placement, Henri-Paul Rousseau, a gagné 1,8 M $ en 2007. Sa prime au rendement y est pour beaucoup. Depuis quand les bonis sont plus élevés que le salaire?

Et pour le féliciter de son départ, la Caisse lui a alloué une prime de départ de 380 000 $. «C'est beau Henri-Paul, pour te récompenser de nous sacrer là avant la fin de ton mandat, on te fait un beau gros chèque!»

Les dirigeants de Quebecor ne sont pas à plaindre non plus. Dans le journal, ce matin, j'apprends que la rémunération des cinq principaux cadres a atteint 16 M $ en salaires et bonis. De ce montant, Pierre-Karl Péladeau et Robert Dépatie, président de Vidéotron, se sont partagé 12,5 M $.

Coudonc, qu'est-ce qu'ils attendent les actionnaires pour demander une réduction des salaires des «boss».

Pourquoi, c'est toujours le salaire ou l'emploi des employés au bas de l'échelle qui sont coupés? Un million de dollars permet de maintenir une trentaine d'emplois à 30 000 $ par an.

Mais ces gens-là, les grands patrons, ne pensent pas comme ça. Ce sont eux qui gouvernent. Ce sont eux qui empochent.

Pour acheter leur bonne conscience et bien paraître sur la place publique, ils font des dons à des organismes de charité. Gestes généreux qui sont toujours largement médiatisés.

À quoi bon donner dans l'ombre?

Bon, faut que je vous laisse. Il faut que j'aille discuter avec mon patron de la prime qu'il serait prêt à me verser si je quittais.

Je vous prédis qu'il y aura un 0 quelque part dans l'offre qu'il me fera.

C'est mon petit doigt qui me le dit.

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