«Il y a quelques générations, les gens savaient ce qui poussait autour de leur maison, mais aujourd'hui, on a délaissé ces connaissances qui se sont perdues», explique Marie d'Amours.
Pharmacienne de formation, elle a toujours eu un intérêt pour les vertus des plantes et des herbes, grandement utilisées dans tous les produits naturels. «Où est la plus vaste pharmacie? La réponse est simple: c'est la nature! En y regardant bien, on y trouve tout pour se nourrir, tout pour se soigner!», peut-on lire dans l'introduction des deux bouquins.
À titre d'exemple, saviez-vous que l'aspirine vient de l'écorce d'un arbre? Qu'il existe des orchidées dans les bois du Québec?
En se promenant dans les bois en compagnie de son conjoint, Martin Caron, Mme d'Amours lisait les informations concernant les plantes alors que le photographe... les photographiait! Et ils se sont découvert une réelle passion. «Ça devient une obsession!, lance M. Caron. Tu deviens fou! Tu ne veux plus marcher nulle part!», illustre-t-il en riant. «C'est un monde sans fin qu'on ne connaît pas», ajoute Marie d'Amours.
Un monde sans fin
En effectuant une petite recherche, le couple, amateur de plein air, a découvert qu'il n'existait aucun guide québécois pour les enfants. Ils ont trouvé une maison d'édition et lancé leurs deux premiers guides de la nouvelle collection Herboriste en herbe, Secrets des fleurs des bois et Secrets des fleurs de bords de route, en mars dernier.
Pour rendre ça intéressant, ils ont dressé un portrait-robot des particularités des plantes choisies (la plupart étant des plantes qui ne sont pas rares, tiennent à préciser les auteurs), trouvé les choses insolites, les croyances associées à celles-ci. Ils en ont répertorié une centaine, mais ils tenaient à faire un petit guide dans lequel ils montreraient les différents aspects de leur évolution. «On s'adresse aux enfants, donc on y a mis moins de plantes et plus de renseignements que dans un guide pour adultes, souligne Mme d'Amours.
Ça n'a pas été facile. On voulait aussi éviter la confusion entre les plantes toxiques et les plantes comestibles.» Le couple, qui habite Sutton, a travaillé très fort et n'a pas compté ses heures pour réaliser ces deux premiers guides, le fruit de cinq ans de travail. Marie d'Amours s'est occupée de la recherche et la rédaction de textes, tandis que Martin Caron s'est chargé de photographier les plantes à chacune des étapes de leur développement, de la graine au fruit, soit de mai à la fin de l'été. Un travail colossal! «On a passé des heures et des heures sur nos ordis!», indique-t-il.
Et la plupart des plantes qu'ils cherchaient, ils les ont trouvées. Au Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin, dans les bois du mont Sutton ou encore à côté de leur résidence. Ils ont étudié ces plantes que l'on côtoie tous les jours sans les voir et ont fait la même chose pour celles que l'on retrouve sur les bords de route.
«En passant tout l'été au même endroit, on va voir un paquet de plantes, insiste M. Caron. Si on écoute, qu'on regarde, on voit plein d'affaires. J'ai découvert des plantes que je n'avais jamais remarquées, même si j'étais passé une centaine de fois à côté! Maintenant qu'on est trop grands, on ne les voit plus! Il faut se mettre à quatre pattes pour découvrir.»
Nul besoin de dire que ces nouveaux experts en fleurs et en herboristerie ont déjà beaucoup de fleurs pour leurs prochains livres! Parce qu'il y aura une suite à cette aventure, ça, c'est certain.
«La majorité des plantes doivent être protégées, et peut-être que dans 50 ans, on pourra s'en resservir», conclut Marie d'Amours.











