Un oiseau rare

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Un oiseau rare

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Bertrand Désourdy et son coq Langshan, la plus grosse variété de coq au monde, qui peut atteindre un mètre de hauteur.

photo Stéphane Champagne

Stéphane Champagne
La Voix de l'Est

(Saint-Pie) Bernard Désourdy est un oiseau rare. Il élève et collectionne des oiseaux de fantaisie chez lui, sur les bords de la rivière Noire à Saint-Pie. Mais pas n'importe quel type de volatiles ; des pigeons, des faisans, des poules et des coqs comme on en voit peu. Des oiseaux de race que M. Désourdy transforme en champions. Et avec lesquels il a remporté une multitude de prix au Québec et en Ontario.

La passion de Bernard Désourdy est palpable. Lorsqu'il se met à nous raconter les nombreuses anecdotes relatives à ses oiseaux, il déborde d'enthousiasme. Au cours de sa rencontre avec Le Plus, il se lève à maintes reprises et se met à gesticuler énergiquement. Bref, une histoire n'attend pas l'autre.

Et on comprend pourquoi. Chez lui, le Saint-Pien possède quelque 600 oiseaux, c'est-à-dire 300 adultes et 300 poussins. Sa ferme d'élevage compte 26 races de pigeons, 36 races de poules et de coqs et quatre variétés de faisans, de même qu'un couple de paons. Ça piaille et ça chante. Et comme chaque espèce est de race pure, Bernard Désourdy a construit des volières pour chacune d'entre elles. Pas question de mêler tout ce beau monde et ainsi favoriser les croisements.

Il ne s'agit pas d'oiseaux exotiques, mais bien d'oiseaux d'élevage. Toutefois, voir un pigeon de près de deux kilos (qui ressemble presque à un oiseau de proie), de même que des poules et des coqs avec des coiffures dignes du mouvement punk est assez dépaysant merci. C'est sans parler des pigeons Jacobin qui semblent porter un boa de plumes autour du cou, ou bien du coq Shanglan, la plus grosse variété de coq au monde, qui mesure presque un mètre de haut.

Vraiment, les oiseaux de Bernard Désourdy ne passent pas inaperçus. Lui, non plus, d'ailleurs! Ce dynamique moustachu est toujours coiffé d'un chapeau country. Dans les expositions agricoles, où il parle à tout le monde, on l'a d'ailleurs baptisé "le cow-boy".

Notre éleveur-collectionneur est un autodidacte. Sa bibliothèque d'ouvrages sur l'élevage d'oiseaux est pour ainsi dire vide. Tout ce qu'il connaît, il l'a appris en jasant avec d'autres éleveurs. Mais c'est surtout grâce à sa vaste expérience que Bernard Désoury excelle dans l'élevage d'oiseaux de fantaisie. À cinq ans, ses frères l'ont aidé à construire sa première volière à pigeons.

Malgré quelques intermèdes, il est toujours revenu à ses premières amours. Il a notamment été champion canadien de karaté, un art qu'il a par la suite longtemps enseigné dans la région. Il a également été professeur de danse country. Mais depuis une douzaine d'années, tout en travaillant dans le domaine de la construction, sa passion pour les oiseaux occupe beaucoup de place dans sa vie.

Il s'est monté une impressionnante collection et met en application tout son savoir afin de faire de ses volatiles des champions. Par exemple, pour guérir les petits bobos de ses protégés, M. Désourdy a développé une multitude de trucs et de recettes. Exit les pilules prescrites par le vétérinaire. "J'utilise du Tempra, de l'ail, du blé, et parfois je vais même jusqu'à donner un tout petit morceau de Tylenol à certains oiseaux malades", dit-il.

Et il faut croire que ça fonctionne, car plus ça va, plus Bernard Désourdy remporte les honneurs dans les expositions agricoles du Québec et de l'Ontario. Même sa conjointe Christiane et son fils Jessy (gagnés par la passion de Bernard) ont été récompensés pour la beauté et la qualité de leurs volatiles.

Rien qu'en 2008, M. Désourdy et sa conjointe ont notamment gagné trois grands chelems, c'est-à-dire qu'ils ont remporté le grand prix toutes catégories ou, si vous voulez, le prix du plus bel oiseau de l'exposition agricole. C'est donc gonflé à bloc que le trio de Saint-Pie ira cet automne pour la toute première fois à Toronto, où se tient la plus importante exposition agricole au Canada.

Bernard Désourdy aimerait bien travailler en collaboration avec l'Union des producteurs agricoles (UPA) afin de protéger les races pures d'oiseaux, dont plusieurs espèces sont menacées de disparition. La résidence de M. Désourdy n'est pas un jardin zoologique ouvert au public. Mais en lui téléphonant à l'avance (450 772-2915), il est prêt à vous accueillir et à partager avec vous ce qui le grise le plus au monde.

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