Ce que j'en pense: à domicile svp!

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Cynthia St-Hilaire
La Voix de l'Est


J'avais le coeur gros la semaine dernière en lisant le reportage intitulé La résidence de l'ennui d'Ariane Lacoursière dans La Presse.
La journaliste a été embauchée comme réceptionniste à la Résidence du Parc à Saint-Lambert pendant quelques jours. La description qu'elle fait des lieux ne donne pas du tout envie d'y séjourner. «Ce qui frappe en entrant à la Résidence du Parc, c'est l'obscurité et la vétusté des lieux. Des tapis usés et sombres couvrent les planchers du rez-de-chaussée. Des toiles d'araignée pendent du plafond. Une odeur de cigarette plane dans l'air (...) Aux étages, on se croirait à l'hôpital. Les chambres sont blanches et désincarnées. Une forte odeur d'urine fait lever le coeur.»

J'ai alors pensé à mes parents.

Est-ce que je veux qu'ils terminent leur vie dans un tel lieu?

Mes parents ont travaillé fort toute leur vie. Ce sont des gens fiers. Leurs jours seraient comptés dans un établissement où conserver un peu de dignité devient quasi impossible. Je prie le ciel pour qu'ils soient suffisamment en forme pour rester à la maison le plus longtemps possible.

Autrement, j'ignore ce que je ferais. S'occuper de personnes de moins en moins autonomes est exigeant. Et mon emploi du temps me le permettrait-il? Il faut bien que je gagne ma vie. Malheureusement, être un aidant naturel n'est pas considéré comme un boulot par le gouvernement du Québec. Pourtant, donner un coup de pouce financier à ceux qui prennent soin d'un être cher l'aiderait à réaliser des économies. Le nombre de personnes en centre d'hébergement de soins longue durée (CHSLD) serait moindre. Ce qui se traduit par moins de personnel à payer et moins de nouveaux lits en soins de longue durée à financer.

À la Résidence du Parc, la journaliste souligne qu'il en coûte entre 1900$ et 5000$ par mois. «Tu peux t'en payer des soins à domicile avec ça!», a commenté ma collègue qui couvre la santé.

J'en ai parlé à mon frère qui travaille dans le milieu. «Le problème Cyn, c'est qu'il n'y a pas assez de personnel pour répondre à toutes les demandes de soins à domicile», qu'il m'a dit.

«Oui, mais s'il y a moins de monde dans les CHSLD, logiquement le besoin de personnel sera moindre? Donc les employés dont on n'aura plus besoin pourront se tourner vers les CLSC pour offrir des soins à domicile», que je lui ai fait remarquer.

Mais ça ne vaut pas la peine de chercher une solution aussi loin. La ministre des Aînés, Marguerite Blais, a trouvé bien mieux: la visite de clowns thérapeutiques dans les CHSLD! Coût de l'opération: 293 000 $ sur quatre ans.

Avec le nombre de CHSLD actifs au Québec, on s'entend que les résidents n'auront pas droit à la visite d'un clown chaque semaine!

J'imagine la réaction du patient de 80 ans à la santé précaire en voyant Patof arriver. La joie assurée!

Je crois que les personnes âgées seraient plus joyeuses si on leur annonçait qu'elles peuvent demeurer chez elle et recevoir les soins nécessaires à leur état. Peut-être qu'elles n'auraient pas plus de visites de leur famille, mais au moins elles seraient dans leurs affaires.

Rappelez-vous le sentiment ressenti en rentrant de voyage: on est heureux de retrouver son lit, de s'évacher dans son sofa. Et ce, peu importe l'âge qu'on a.

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