Et il y a des nuits, la douleur m'assaille dans les deux jambes en même temps. Quand ça me surprend, en plein sommeil profond bien sûr, je dois me lever du lit en une fraction de seconde pour étirer ces muscles qui ne répondent plus et dont, soudainement, la nature rejoint celle d'un raisin sec.
La plupart du temps ça se passe en-dedans de cinq minutes. Mais il y a des nuits où je n'en finis plus de faire craquer le plancher à force de faire les cent pas dans ma chambre.
Seuls bons côtés à toute cette souffrance: ça me fait pratiquer mes respirations et ça me prépare à revivre la douleur des contractions!
Selon mes lectures, ces crampes seraient le résultat d'un manque de sodium, de potassium, de magnésium OU de calcium.
Avoir su, j'aurais léché le banc de neige qui a pris des mois à fondre dans le stationnement du journal histoire de faire des réserves pour mon deuxième et troisième trimestre.
Je sais, vous dites: prends des vitamiiiiiines!
J'les digère pas les mozus de vitamines.
L'idée de vivre des reflux gastriques ou des brûlures d'estomac pour enrayer mes crampes m'enchante autant que celle d'accoucher d'un bébé de 12 livres.
On se comprend?
Boire du lait ? J'en bois plus maintenant qu'au cours des 32 dernières années réunies.
Des fruits et des légumes? J'ingurgite à peu près huit caissettes de framboises par semaine, et ça c'est à part ma banane quotidienne (potassium), les nombreux concombres anglais et le melon d'eau que je peux m'envoyer derrière la cravate de façon hebdomadaire. Parait qu'en tant que femme enceinte, je devrais prendre 4700 mg de potassium par jour. Quand je vais allaiter, ce chiffre devra passer à 5100 mg.
Ça me parle autant que les onces, les litres, les mètres cube et les acres! Je n'ai aucune idée de ce que ça représente.
Pour m'aider, je prends donc des granules homéopathiques. Le hic: ce n'est pas quelque chose que l'on prend chaque fois qu'on a mal, comme de l'acétaminophène ou de l'ibuprophène.
C'est sur du long terme.
Mais je commence à voir une différence.
Cette semaine, par exemple, j'ai eu une trêve de crampes pendant trois nuits. Et quand elles surgissent, elles durent, me semble, un peu moins longtemps.
Reste que la nuit dernière, celle dans le mollet gauche a été tellement intense que la douleur m'a suivie toute la journée.
Mais histoire de mettre toutes les chances de mon côté (parce que là, la mère a hâte de dormir une nuit complète avant l'arrivée du bébé!), j'ai décidé de le faire.
Quoi?
Mettre une barre de savon Ivory (ou de Marseille) sous mon drap, à mes pieds, dans mon lit.
Riez. Riez. J'étais la première à trouver cette idée farfelue, voire ridicule.
C'est le potassium contenu dans le savon qui calmerait les jambes en élevant leur température. Aussi, les jambes absorberaient les effluves du potassium contenues dans le savon.
Si ça fonctionne? Je commence l'expérimentation.
Mais j'ai quand même passé trois nuits agréables cette semaine...
C'est le savon ou les granules? Qu'importe. Moi, mon but, c'est d'arrêter de souffrir pour dormir.
Mais une chose est certaine au sujet du bout de savon sous ma couette: mon lit sent toujours «le propre»!










