Confédération oblige, mon deadline est à 15h30 aujourd'hui, pour permettre à Publi-Sac de faire sa livraison exceptionnellement demain, mardi. Mercredi, c'est congé pour tout le monde, alors...
Si j'avais été normalement constituée, jamais je n'aurais gardé l'écriture de ce billet à l'horaire de ma dernière journée de montage. Surtout pas en fille organisée que je suis. Traîner mon billet jusqu'à la dernière minute est aussi agréable que d'avoir un boulet d'accrocher à la cheville. J'y pense jour et nuit.
Un prof a l'université nous avais dit que le métier de journaliste se pratiquait sept jours semaine, 24 heures par jour. On doit être constamment aux aguets, à l'écoute, prêt à réagir.
Chroniqueur? C'est un job de 26 heures par jour! Une fois qu'on a notre sujet en tête, lead et chute (début et fin) compris, c'est le bonheur. Dans le cas contraire, c'est lourd à porter. En tout cas moi, je ne pense qu'à ça. Un souper entre amis. Les frasques de mon chum. Les prouesses de ma fille. Une conversation entendue dans une file d'attente. L'anecdote d'un collègue. Un commentaire à la radio. Une pub à la télé. Name it! Je sonde tout à la recherche d'un sujet potentiel qui vous intéressera, vous fera rire, pleurer ou réfléchir.
Mettons qu'il a y des semaines plus généreuse que d'autres! Et cette dernière semaine s'est montrée plutôt tranquille. Pas que je n'ai pas essayé. À l'heure où j'écris ces mots, j'ai deux billets en banque: un que je considère trop mauvais pour mériter une publication et un autre périmé.
Dans le premier texte, écrit jeudi dernier, je vous disais qu'il ne restait que trois chroniques avant mon départ pour aller vivre une seconde fois les joies de la maternité. Que je connaissais le sentiment de perte que vous alliez vivre lors de mon départ, étant moi aussi une fervente lectrice de chroniques diverses auxquelles je me suis attachée au fil du temps. Mais je craignais que mes propos soient pris au premier niveau.
Passer pour une prétentieuse? Non merci. Comme j'avais de la difficulté à rendre ma pensée, plus sarcastique qu'autre chose dans ce cas-ci, j'ai mis mon texte sur la glace. Au lieu de le fignoler, j'ai décidé d'en écrire un deuxième.
Quand on a du temps devant soi... Vendredi, je vous ai donc écrit un beau billet sur ma réaction face au décès de Michael Jackson. Je prenais une chance, car la publication allait avoir lieu presqu'une semaine après la nouvelle. Et ce qui devait arriver arriva: je me suis faite scooper par mon collègue Pascal Faucher et sa chronique Du front tout l'tour d'la tête dans La Voix de l'Est de samedi. Comme Pascal et moi avons le même âge, nos souvenirs en lien avec le Roi de la pop se ressemblent sensiblement. Tous les deux on vous disait, entre autres, qu'on s'époumonait à chanter beat iiiitt, beat it, beat iiiit, beat it. Wo i wat te fet de beat it! dans un anglais rudimentaire. En fait, on n'avait aucune idée de ce que nous chantions! À l'époque de Thriller, nous avions sept ans, alors. Mais par respect pour les abonnés et pour ceux qui se procurent La Voix de l'Est du samedi, j'ai aussi mis Michael Jackson de côté en espérant que le week-end soit fertile en sujets. Niet.
Voilà pourquoi je suis là, en ce lundi matin moche, à essayer de vous écrire une chronique digne de ce nom. Un président-éditeur m'a déjà dit, un jour où je lui parlais de ma déception face à une de mes chroniques que, comme pour un joueur de baseball, c'est la moyenne au bâton qui compte. Qu'on ne peut pas «toutes les avoir». Considérez cette chronique comme une fausse balle.
Je retourne dans l'enclos des frappeurs pour vous en décochez une des ligues majeures la semaine prochaine. Il ne m'en reste que deux.
Au moment de me retirer, je veux le faire en beauté.










