Une mère monoparentale témoigne

Liste d'effets scolaires: 90 $. Surveillance du dîner: 100 $. Cotisation pour... (photo Janick Marois)

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photo Janick Marois

SIMON-OLIVIER LORANGE
La Voix de l'Est

(Granby) Liste d'effets scolaires: 90 $. Surveillance du dîner: 100 $. Cotisation pour le matériel didactique: 65 $. Repas chaud du midi: 4,75 $ (autrefois 3,75 $). Dire qu'une bonne éducation n'a pas de prix n'est pas exactement représentatif de la réalité. Pas à la rentrée, en tous cas.

Nancy, 25 ans, est mère de deux enfants. Pour l'heure, seul son aîné, 7 ans, est d'âge scolaire (il entre en deuxième année), sa petite fille de quatre ans fréquente la pré-maternelle.

Monoparentale, Nancy travaille dans un restaurant de Granby pour subvenir aux besoins de sa petite famille. Et s'il y a un moment de l'année qui lui cause de sérieux maux de tête lorsque vient le temps de dresser son budget, c'est bien la rentrée scolaire.

Certes, le père de son garçon lui donne un coup de main, mais il demeure que lorsque les dépenses d'un ménage sont calculées au dollar près, ça demeure difficile. Et encore, son fils n'en est qu'au début de son cours primaire.

"Déjà qu'il faut prévoir des nouveaux vêtements, des chaussures adéquates pour ne pas marquer le plancher de l'école, des espadrilles pour l'éducation physique... J'ai beau essayer d'aller à l'essentiel pour payer moins cher, ça finit quand même que je cours partout et que je dépense beaucoup, raconte Nancy. Et encore, si un article ne convient pas précisément à la liste de l'école, on me le renvoie. Du moins, ça m'est arrivé l'an dernier."

Inquiétudes

Plusieurs facteurs inquiètent Nancy à l'approche de la rentrée. Au premier chef, la liste d'effets qu'elle doit acheter qui comporte parfois des élément étonnants. Notamment l'obligation de fournir trois boîtes de mouchoirs qui ne sont pas remises aux enfants en fin d'année si elles ne sont pas utilisées. Sans parler des articles d'une marque ou d'un modèle très précis qui semblent parfois constituer une condition sine qua non à l'admission en classe.

"Je sais, ce sont des détails, mais c'est le principe de payer pour quelque chose qui ne nous revient pas qui me dérange", commente la jeune maman.

Les dépenses additionnelles en cours d'année scolaire viennent également compliquer la gestion de finances serrées. Nancy cite en exemple certaines activités (visite à Boréart, natation à la piscine Miner, etc.) qui lui ont été facturées - 25 $ - après coup l'année dernière, ou encore certains classiques comme les photos scolaires qui, bien que facultatives, semblent aller de soi pour bien des enfants.

"Ce n'est pas toujours évident d'expliquer à un petit qu'il ne peut aller à une activité parce que ce n'était pas prévu au budget, reprend-elle. Ou encore de se faire poser la question 'pourquoi pas moi?' pour les photos. Disons que ça me place dans une situation assez difficile."

En outre, Nancy doit composer avec une contrainte peu habituelle, puisque son fils est atteint d'un trouble de déficit de l'attention et d'hyperactivité (TDAH). Ainsi, il n'est pas rare qu'elle doive quitter le travail lorsque la situation se complique à l'école, ou encore qu'elle ait à remplacer un objet brisé par son garçon pendant une crise.

"À la maternelle, il a cassé une petite radio, alors j'ai dû débourser 80 $ pour la remplacer en plus des effets scolaires au début de sa première année, se rappelle-t-elle. Encore une fois, quand ce n'est pas prévu, ce n'est pas évident."

Ressources

Malgré toutes ces contraintes et ces imprévus, Nancy affirme réussir à garder la tête hors de l'eau. Du moins jusqu'ici, parce qu'elle appréhende déjà l'entrée à la maternelle de sa petite dernière dans un an.

Pour y arriver, elle demande tout de même un coup de main aux ressources disponibles pour les parents dans sa situation.

Par exemple, elle a fait appel au fonds d'entraide de l'organisme Centraide prévu expressément pour ce temps de l'année. Elle sait être éligible à une aide de 60 $ qu'elle recevra probablement sous peu.

Toutefois, la mère de famille déplore que ces ressources soient trop peu publicisées.

"Moi, je sais que je réussis à m'en sortir, mais je sais que c'est pas mal moins facile pour certaines familles qui vivent sur le chômage ou l'aide sociale, commente Nancy. Il a fallu que je cherche à travers les branches pour trouver le programme de Centraide; ce n'est vraiment pas tout le monde qui est au courant."

"J'en viens à croire que les écoles ont trop de choses à gérer, conclut-elle. Elles mettent beaucoup de très bonnes choses en place, mais elles ne pensent pas assez aux familles en difficulté. L'école, c'est une nécessité, une obligation. Et mon enfant, je veux qu'il soit bien. Alors tous les moyens de réaliser des économies, je vais les prendre."


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