Reste que s'il y avait des élections ces jours-ci, c'est le PQ qui l'emporterait avec 39% des voix, le sondage accordant 31% au PLQ, 12% à l'ADQ, 8% à Québec solidaire et 8% au Parti vert. Et advenant que le PQ soit majoritaire, il ne le devrait qu'au nombre de sièges. L'usure du Parti libéral, son incapacité à émerger des scandales auxquels on l'associe et à régler les problèmes de santé et l'arrogance de Jean Charest lui coûteraient le pouvoir. Mais le parti de Mme Marois n'en profiterait que bien peu parce qu'elle a elle aussi perdu le respect d'une bonne partie de l'électorat.
Idéalement, M. Charest devrait quitter. Ça fait longtemps qu'il est là et difficile d'imaginer qu'il puisse encore rebondir. Certes, pose-t-il un bon geste en ramenant Jean-Marc Fournier, un politicien et conciliateur d'expérience comme leader en chambre en remplacement de M. Dupuis. Les jeunes libéraux le pressent par ailleurs de faire sa part pour relever le niveau des débats. Mais M. Charest, tout en faisant son mea culpa, demande à Mme Marois de changer de ton, de remplacer son leader et réclame des médias qu'ils accordent plus d'importance au fond des choses qu'aux insinuations. En somme, ce qu'il dit, c'est que ça dépend des autres.
Dans ce contexte, comment imaginer une amélioration des échanges à l'Assemblée nationale. D'autant plus que Mme Marois, tout en avouant que la dernière session n'avait rien d'édifiant, hésite à promettre un changement de ton, qu'elle refuse de remplacer son leader, qu'elle met la faute sur le dos des libéraux et que, semble-t-il, le PQ reviendra avec les mêmes dossiers et accusations. Ce qui, dans tous les cas, donne du jus aux médias et fait l'affaire du PQ dont l'objectif est d'arracher le pouvoir aux libéraux. Le PLQ a beau se plaindre des médias, il reste que ceux-ci, même s'ils ne vont pas toujours au fond des choses, ne sont tout de même pas responsables des scandales et déboires qui affligent les libéraux.
Autre fait à noter, alors que les jeunes libéraux s'inquiètent du ton des interventions à l'Assemblée nationale et des trous de la loi anti-scab, qu'ils interpellent M. Charest et son cabinet quant à certaines politiques, réclamant notamment qu'on suspende la procréation assistée tant qu'on n'aura pas rétabli les finances du Québec, les jeunes péquistes se préoccupent tout autant des affaires libérales que des orientations de leur parti. Or, avant de dire aux jeunes libéraux quoi faire, les jeunes péquistes devraient, comme les jeunes libéraux, réclamer un changement de ton et de comportement de leur chef.
Bref, à regarder froidement les attitudes et réactions de M. Charest et Mme Marois, qui ne se prend pas à souhaiter que les deux chefs partent tel que le suggère le sondage de la maison Angus Reid? Mais, trop orgueilleux, ils ne le feront pas. Et le feraient-ils que nous ne serions pas forcément plus avancés parce que, politiquement, c'est le grand vide au Québec. Que ce soit chez les libéraux ou les péquistes, personne ne se démarque suffisamment pour inspirer confiance comme chef du gouvernement. Nous sommes ainsi condamnés, pour un temps encore, à endurer Mme Marois et M. Charest comme principaux leaders politiques.










