J'aimerais qu'on se pose la question à savoir si l'engagement de ces deux entreprises dans notre région depuis plus de vingt ans justifie ces millions en subvention. Il est certain que les relationnistes de ces entreprises vont trompeter qu'ils emploient plus de 2800 personnes, mais dans quel statut d'emploi?
J'ai connu des personnes qui travaillent chez IBM depuis plus de quinze ans sans statut permanent. Même chose chez Dalsa, où on parle de postes temporaires permanents! Ces deux entreprises qui, depuis plus de vingt ans, ont été les précurseurs du fléau d'emplois temporaires ou à contrat dans les entreprises de la région, maintiennent des milliers de travailleurs dans un statut d'emploi précaire. Ces gens ne peuvent emprunter pour acheter une maison ou une automobile. Pas d'emploi permanent = pas de financement! Si au moins les salaires étaient alléchants... mais on est loin des 30 $ l'heure payés chez General Electric, aussi de Bromont.
Ils ne profitent pas non plus d'avantages sociaux comme les plans dentaires ou l'assurance-médicament privée. Pourtant, ils ont mal aux dents et ont besoin de médicaments pour se soigner, comme les employés permanents.
Je crois que toute aide gouvernementale aurait dû être conditionnelle à l'élimination permanente des emplois à contrat ou temporaire dans ces entreprises. Quand ces grandes compagnies disent utiliser des travailleurs temporaires pour des périodes de pointe, c'est prendre les travailleurs et les acteurs économiques de la région pour des dupes. Chez IBM, on remercie un travailleurs temporaire qui occupe un poste après 21 mois pour le remplacer par un autre travailleur temporaire au même poste la semaine suivante. Cette pratique dure depuis plus de 20 ans. Une période de pointe, ça dure quelques mois, ça ne dure pas 20 ans!
Pour le bien des travailleurs de notre région et principalement pour les femmes et les jeunes travailleurs qui occupent la majorité de ces emplois précaires, il est temps que cette pratique cesse. Que l'on cesse d'offrir des McJobs et qu'on offre de vrais emplois, car on ne peut pas se bâtir un avenir 21 mois à la fois.
Patrick Courtemanche, Granby









