La nouvelle de son suicide m'a laissé bouche bée. J'ai réalisé qu'elle ne serait plus là, que je n'entendrais plus parler d'elle. Et surtout, je restais questionné: que s'est-il passé? Car le travail artistique devrait en principe aider la personne à s'exprimer, à se libérer, à retrouver son équilibre.
Comme disent les bouddhistes, chaque mort est notre propre mort. Et chaque suicide est un peu une partie de soi que l'on perd. J'ai senti une oppression dans la poitrine.
Sa carrière allait bien, elle gagnait de la visibilité, elle écrivait un troisième roman qui finissait bien, et soudain, stop, une faille, un grain de sable dans le mécanisme. Ça me rend triste.
Bien sûr, elle ne sera pas ovationnée comme un Pierre Falardeau. Elle ne défendait pas une cause. Son combat se situait à un autre niveau.
J'ai un copain de Montréal, écrivain et poète, qui s'est enlevé la vie avant Noël. Le souvenir me remonte à la mémoire. Encore là, la faille qui remet tout en question. Que pouvons-nous faire?
Je crois que nous avons perdu une personne de valeur, une jeune femme qui avait de l'avenir devant elle. Nous devons apprendre à devenir vigilants et percevoir les signaux des personnes en détresse.
Salutations, Nelly!
Roger Duval, Granby








