De l'eau fluorisée peu transparente

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Caroline Barrière
Le Droit

La Ville de Gatineau devra décider sous peu si elle se lance dans la fluoration de l'eau. Cette initiative est loin de faire l'unanimité au Québec où à peine 3 % de la population a accès à une eau contenant du fluor.

Le débat est de mise mais il semble que le président de la commission Gatineau, ville en santé, le conseiller Pierre Philion, ait déjà tiré ses propres conclusions. Hier, nous apprenions que la majorité des intervenants rencontrés par la Commission étaient favorables à la fluoration de l'eau. La Ville ne peut pas prétendre consulter toutes les parties sans au moins écouter les arguments de ceux qui s'y opposent. Il s'agit d'un manque flagrant de transparence de la part de l'administration municipale qui démontre ainsi qu'elle ne tient pas à discuter de cet enjeu de manière démocratique. En agissant de la sorte, la Ville donne encore plus de munitions aux opposants qui se disent lésés par le processus de consultation.

 

Gatineau pourrait donc imiter Trois-Rivières et sa voisine Ottawa où cette mesure existe depuis 1972. Montréal et Sherbrooke ont préféré, quant à elle, renoncer à l'ajout de fluor dans leur réseau d'aqueduc. Si la fluoration n'a pas la cote au Québec, il n'en va pas de même ailleurs au pays où 13,5 millions de Canadiens consomment cette eau. En Alberta, 75 % de la population y a accès, 73 % au Manitoba et 70 % en Ontario.

Les données scientifiques actuelles vont toutes dans le même sens : la fluoration de l'eau potable permet de diminuer la carie chez les jeunes dans une proportion de 20 % à 40 %. L'Organisation mondiale de la santé est favorable à la fluoration de l'eau, du sel et du lait ainsi qu'à l'emploi de dentifrice fluoré.

Les opposants estiment que le fluor est une substance toxique nocive pour l'humain et l'environnement et ils mettent en doute son efficacité.

En avril, les élus municipaux de la Ville de Québec mettaient fin à la fluoration, une pratique remontant à 1972 même si les spécialistes de la santé publique étaient farouchement opposés à cette décision. Les politiciens avaient alors renvoyé la balle dans le camp de Jean Charest où l'ancien ministre de la Santé, Philippe Couillard, avait indiqué ne pas vouloir intervenir.

Nous ne pouvons que déplorer l'incohérence de la Loi sur la santé publique. Elle prévoit que les directions de la santé publique ont la responsabilité d'assurer la promotion de la fluoration de l'eau. Elle stipule également que tous les coûts en lien avec cette fluoration effectuée par les villes doivent être défrayés par Québec. Toutefois, la décision finale quant à l'ajout de fluor est la prérogative des municipalités puisqu'elles sont responsables du traitement de l'eau. Où réside la logique ?

Des décisions de cette importance devraient être prises au sein des plus hautes instances afin d'éviter que des élus puissent faillir à leurs responsabilités. C'est dans cette optique qu'il faudrait considérer sérieusement la fluoration de l'eau à Gatineau.

 

Prudence, M. MacMillan

Norm MacMillan, député de la circonscription de Papineau depuis 1989, est le nouveau ministre responsable de l'Outaouais dans le cabinet de Jean Charest. Il remplace Benoît Pelletier qui occupait cette fonction jusqu'à son départ de la vie politique.

Il aura également comme mandat de prêter main-forte à Julie Boulet en tant que ministre délégué aux Transports. Il était auparavant whip du gouvernement.

À titre de responsable de l'Outaouais, il devra travailler d'arrache-pied afin de combler le vide laissé par son prédécesseur. M. Pelletier était un politicien très apprécié et respecté, même par ses adversaires. Reconnu comme un homme capable de rallier les partis afin d'en arriver à un consensus, il était toujours prêt au dialogue.

M. MacMillan, souvent perçu comme un personnage coloré, devra donc apprendre à être prudent dans ses déclarations afin d'établir ce nouveau lien de confiance avec tous les acteurs qui ont à coeur le développement de la région.

cbarriere@ledroit.com

 

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