Si le premier ministre a de ces faits un bel été en perspective, la situation s'avère moins rose pour le PQ de Mme Marois et les troupes adéquistes qui sont en quête d'un nouveau chef capable de les relancer. Car le revers péquiste confirme les résultats d'un récent sondage qui indique que M. Charest est toujours perçu comme le meilleur des chefs en présence pour diriger le Québec et que la nouvelle proposition de Mme Marois pour relancer son parti ne porte pas encore les fruits attendus.
Le maigre appui accordé à la candidate adéquiste dans Rivière-du-Loup, où Mario Dumont régnait depuis 14 ans, démontre clairement que la population y votait pour l'homme, non pour le parti. Et si on y a choisi Jean D'Amour pour lui succéder, c'est que, malgré les poux qu'on a pu lui trouver au cours des dernières semaines, l'homme est respecté pour avoir été maire de sa ville et, à quelques reprises, opposé à Mario Dumont.
Quant à M. Crête, qui a été député bloquiste de son comté et qui espérait le ravir au bénéfice du PQ, il a peut-être été victime d'un certain désenchantement et de la popularité du libéral. Car on ne sait plus si le BQ jouit toujours du même appui et plusieurs se demandent pourquoi certains bloquistes veulent tant passer de la scène fédérale à la québécoise. Les gens de Rivière-du-Loup ont sans doute jugé opportun de donner une chance à leur ancien maire.
Reste que l'équipe Charest n'est encore qu'en début de mandat et que, en pareil cas, les électeurs sont souvent tentés de voter du côté du pouvoir avec l'espoir d'en profiter. Lorsque le mandat est plus avancé, il leur arrive de voter pour l'adversaire et de servir ainsi un avertissement à ceux qui occupent le pouvoir. Certes, l'équipe Charest est-elle critiquée. Sauf que rien n'assure que l'opposition ferait mieux à sa place.
Le premier ministre a profité des partielles pour revoir son conseil des ministres. Clément Gignac soulage le ministre Bachand du Développement économique alors que Mme Normandeau passe des Affaires municipales aux Ressources naturelles en relève à M. Béchard qui s'en va à l'Agriculture que M. Lessard quitte pour les Affaires municipales. Des ministres qui ont tous de gros dossiers à piloter et qui auront l'été pour se préparer à la rentrée de l'automne en plus d'éteindre les feux qui couvent... à Montréal entre autres.
Péquistes et adéquistes auront eux aussi pas mal de pain sur la planche à en juger par leurs piètres performances aux élections de lundi. L'orientation reste à peaufiner et à vendre dans le cas de Mme Marois. Quant à l'ADQ, elle doit se redéfinir et se trouver un nouveau chef. Un défi qui affectera même le député Bonnardel, de Shefford, parce qu'il pourrait lui-même en souffrir advenant que l'ADQ ne se relève pas avec vigueur. À moins de changer de parti.
Quant à M. Charest, il a beau avoir un bel été en perspective avec ses victoires de lundi, il ne peut se permettre aucun relâchement. Car, à la rentrée, les adversaires ne démordront pas des gros dossiers de la Caisse de dépôt, des services de santé, des PPP, etc. Or le premier ministre, tout le monde le sait, n'est à son meilleur que lorsqu'il se trouve acculé au pied du mur.










