La protection d'un vaccin

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Valère Audy
La Voix de l'Est

Le ministère de la Santé entreprend ces jours-ci, avec la collaboration de son personnel, une campagne de vaccination massive contre le virus A (H1N1). Bien sûr, commence-t-il d'abord par ses propres travailleurs de façon à s'assurer qu'il n'en perde pas en cours de route. Il en aura grand besoin advenant que la vague appréhendée s'accentue, que ce soit parce qu'ils sont eux-mêmes malades ou qu'ils le deviennent au contact des victimes de cette grippe. Autrement dit, ça prend du monde pour soigner les malades et ce monde-là, pour en disposer, il faut le protéger contre les maux qu'on craint tant.

Viendront ensuite, suivant un ordre établi, les enfants, les jeunes personnes, les femmes enceintes de même que ceux et celles de santé fragile. Les aînés ne seront évidemment pas oubliés. Mais puisque le virus A semble se manifester de façon plus virulente auprès des plus jeunes, selon les données jusqu'à maintenant compilées, on commence par ceux-ci. Les autres suivront. À noter cependant qu'il n'y aura pas de refus advenant que les gens ne se présentent pas tous dans l'ordre souhaitable.

 

L'appel lancé, tout le monde devrait le prendre en sérieuse considération. D'autant plus que la grippe A a déjà atteint la région de Granby et Cowansville, frappé sérieusement des écoles de l'Outaouais, de Montréal et du Bas-du-Fleuve, fait quelques morts au pays, au-delà de 1000 aux États-Unis (où le président Obama a décrété l'urgence nationale) et au moins 5000 victimes à travers le monde. Et, parait-il, nous ne sommes qu'au début de la deuxième vague.

Ce qui inquiète les autorités, c'est que ce virus se manifeste différemment de ceux qu'on doit généralement affronter, c'est-à-dire qu'il fait des ravages chez les gens qui paraissent en pleine forme alors qu'on est habitué à le voir percer chez les malades et les aînés. D'où l'incitation à la vaccination de tout le monde, selon un ordre différent de l'habituel, de façon à assurer une protection minimale. D'autant plus que le vaccin proposé n'est pas plus dangereux que les autres, quoi qu'en disent critiques et opposants.

À cet égard, il faut regretter que des gens sèment le doute en colportant n'importe quoi sur les sites internet et dans leurs communications et leurs conversations. Que certains spécialistes s'interrogent, on peut le comprendre. Mais que plusieurs répètent n'importe quoi à partir des idées répandues par des gens qui n'ont aucune connaissance scientifique, il faut le déplorer et presser ceux-ci de se taire.

Pourquoi faire peur au monde, prétendre que l'ajout d'un adjuvant est nouveau et dangereux alors que ce n'est rien de nouveau, que toute cette affaire n'est qu'un vaste complot pour permettre aux multinationales de faire de l'argent? Où seront ces pseudo-connaisseurs lorsque viendra le temps de payer pour les pots cassés à cause de leur désinformation?

Il se trouve également trop de gens pour dire qu'ils ne disposent pas de l'information requise et que le gouvernement s'acquitte mal de ses devoirs. Or, voilà du déjà entendu. Souvenez-vous du dossier du SIDA. On se prétendait sous-informé alors que la société était noyée d'information. Cette fois, comme dans le précédent cas, les autorités nous en parlent beaucoup et avec insistance depuis des mois. Personne ne peut plaider l'ignorance.

Certes, les autorités aimeraient-elles en savoir elles-mêmes davantage pour mieux intervenir. Mais ils sont dans la position des détecteurs d'ouragans, lesquels ne peuvent imaginer avec exactitude de quelle façon ces monstres évolueront. Le mieux à faire, c'est de prendre toutes les précautions possibles et de s'organiser pour gérer les conséquences. Ce à quoi s'affairent justement les responsables de la santé publique. Aux citoyens d'assumer leur part de responsabilité en profitant de la protection de base du vaccin qui leur est offert.

 

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