La première joute de la série trois de cinq opposant les locaux au Multiconcessionnaire de Saint-Félicien (Dolbeau-Mistassini) venait d'être annulée par la ligue, un communiqué publié en fin d'après-midi ayant fait état d'un «refus [...] à se présenter pour ce match tel que prévu au calendrier».
Conséquemment, les Inouk se sont vu attribuer une victoire par défaut et, de facto, une avance de 1-0 dans la série.
Joint en début de soirée, le directeur général du Multiconcessionnaire, Junior Juneau, s'est défendu d'avoir refusé de jouer, prétextant plutôt avoir refusé d'imposer un troisième match en autant de jours à ses troupiers, et même un quatrième ce soir.
La formation jeannoise a en effet disputé deux parties à domicile vendredi soir et samedi après-midi.
«Au début de la semaine, on s'est aperçus qu'on jouerait en séries contre Granby ou Terrebonne, alors on a appelé la ligue et on nous a dit de nous arranger avec nos adversaires, a fait valoir M. Juneau. Ça allait avec Terrebonne, mais pas avec Granby. On a même essayé de devancer à jeudi notre partie contre Princeville (prévue samedi), mais ça non plus ça n'a pas marché.»
Le dirigeant s'est alors rabattu sur un règlement stipulant que la ligue a 24 heures après la conclusion du calendrier régulier pour trancher advenant un conflit horaire. Lequel verdict est tombé à 16h hier, à trois heures du début annoncé de la rencontre. Le trajet d'autobus entre Saint-Félicien et Granby approchant les six heures, les visiteurs ont déclaré forfait.
«De toute façon, a repris Junior Juneau, c'est impensable de faire jouer quatre matches en quatre jours à des jeunes de 17 à 20 ans. J'ai fait un paquet de propositions, mais ça ne convenait pas. Je pense que ça témoigne d'un manque de sérieux et de leadership flagrant de la part de la ligue.»
En plus d'encaisser la défaite, le Multiconcessionnaire devra acquitter une amende de 1000 $ prévue par le règlement officiel pour ce genre de situation.
Le deuxième match de la série sera disputé ce soir à l'aréna Léonard-Grondin. La mise au jeu initiale aura lieu à 19h.
En furie
Invités à commenter cette situation, les dirigeants des Inouk n'ont pas mâché leurs mots pour signifier leur grogne à l'égard de ce forfait.
«C'est ordinaire en maudit, a résumé l'entraîneur-chef Patrice Bosch. Ce sont les partisans qui vont payer à cause de ça, et c'est très fâcheux. Tout ce que je peux dire, c'est que ça ne nous ébranlera pas et que les gars vont ressortir encore plus affamés demain (ce soir).»
Quant au directeur général Marco Bernard, il a essentiellement mis en relief le fait que les scénarios qui lui ont été proposés afin d'accommoder le Multiconcessionnaire n'avantageaient en rien son équipe.
«On a la possibilité de déplacer des matches en semaine parce qu'on a une très bonne collaboration avec les ligues de la Ville, mais on essaie de le faire le moins possible, a-t-il argué. De toute façon, tout ce que Juneau me proposait, ça occasionnait des frais énormes.»
Le format des séries éliminatoires de la LHJAAAQ prévoyant une alternance entre des parties à domicile et sur la route, une exception est accordée à Saint-Félicien, pour qui toutes les séries doivent contenir des séquences de deux parties consécutives dans la même ville. Le premier doublon doit être disputé chez l'équipe ayant terminé en tête du classement.
Or, suivant les possibilités envisagées par M. Juneau, les Inouk auraient eu soit à effectuer deux allers-retours au Lac-Saint-Jean, soit à concéder la tenue d'une partie à domicile en début de série. Advenant cette dernière éventualité, Granby aurait pu n'accueillir qu'une seule joute si la formation avait vaincu son adversaire en trois rencontres consécutives.
«Une série contre Saint-Félicien nous coûte déjà les yeux de la tête, a repris M. Bernard. Même en accueillant trois matches, on ne fait pas de gain. C'est correct comme ça, mais s'il faut commencer à céder à des caprices en plus...»
«Il y a des avantages à finir parmi les premiers au classement, comme de choisir les dates pour nos parties des séries. On a exercé notre droit. J'espère que nos partisans vont venir en grand nombre pour manifester leur mécontentement.»











