Au cours d'une conférence de presse tenue à Sherbrooke hier matin et à Montréal hier après-midi, Niemeyer a tracé le bilan de sa brillante carrière, qui s'est terminée par un affrontement mémorable avec Roger Federer à la Coupe Rogers au mois d'août. Puis - et surtout -, il a annoncé que sa seconde carrière allait passer par le coaching, lui dont la première mission consistera à entraîner le Torontois Milos Raonic, un des beaux espoirs au pays.
«Je veux transmettre mon expérience aux jeunes, je veux partager mon vécu avec eux, a expliqué l'athlète de Deauville, qui était accompagné de sa conjointe Annie Desjardins, de leur fille Olivia, 13 mois, et de ses parents. J'ai fait le tour du monde, j'ai connu des hauts, j'ai connu des bas, je sais que j'ai quelque chose à offrir.»
Niemeyer passera 25 semaines avec Raonic en 2010, dont 18 sur la route. Et pas plus tard que le mois prochain, il passera trois semaines en camp d'entraînement en Italie avec lui.
«Milos a un potentiel incroyable. Il possède de belles habilités, notamment un service très puissant, et c'est un jeune qui veut véritablement progresser. En plus, on s'entend très bien, lui et moi. J'ai très hâte de travailler avec lui.»
Raonic, qu'on a déjà vu quelques fois à Granby, aura 19 ans le mois prochain. Il est actuellement classé 377e au monde.
«J'ai écorché Tennis Canada (son nouvel employeur) plus d'une fois au fil des ans parce je trouvais que je n'avais pas le soutien que je méritais, a repris Niemeyer. Mais la situation a changé, Tennis Canada investit beaucoup d'énergie et d'argent dans le développement, et ce sont des jeunes comme Milos qui en profitent. Je suis content pour la relève.»
Niemeyer a pour ainsi dire été laissé à lui-même tout au long de sa carrière. Il s'est bâti lui-même, il s'est coaché lui-même, il s'est soigné lui-même. Il n'a même jamais eu personne pour planifier son horaire et ses voyages, sinon son père qui lui donnait un coup de main.
Niemeyer va s'occuper de Raonic, mais attendez-vous à ce qu'il devienne aussil'adjoint du capitaine Martin Laurendeau au sein de l'équipe canadienne de Coupe Davis. Des discussions en ce sens sont d'ailleurs en cours.
«J'aiégalement d'autres projets. Je veux vraiment m'impliquer auprès de la relève au sens large. J'ai plein d'idées, mais je n'ai encore rien de concret à annoncer.»
En paix
Frédéric Niemeyer est en paix avec lui-même. À 33 ans, il est fier de ce qu'il a accompli sur le court et, manifestement, il est prêt à passer à une autre étape.
«Je suis fier lorsque je pense à ma victoire contre Felix Mantilla (alors 17e joueur mondial) à Wimbledon en 2003, à toutes ces belles victoires en Coupe Davis, en simple et en double avec Daniel Nestor, à mes deux participations aux Jeux olympiques et, bien sûr, à ce fameux match contre Roger Federer... qui est certainement la défaite qui m'a apporté le plus de satisfaction!, a-t-il souligné avec le sourire. Quand je fais le bilan de cette douzaine d'années passées sur le circuit, j'estime que j'ai réussi à faire le maximum avec les moyens que j'avais.»
Mais lorsqu'il pense à sa carrière, Niemeyer pense surtout à cette incroyable expérience de vie que le tennis lui aura permis de vivre.
«Ça a été une aventure extraordinaire. Ça n'a pas toujours été facile, c'est vrai, mais je n'ai pas de gros regrets. J'ai visité je ne sais trop combien de pays, j'ai des amis aux quatre coins du monde. Vous avez devant vous un homme qui se considère hautement privilégié.»
Le personnel des relations avec les médias de Tennis Canada aurait voulu que Niemeyer ne fasse qu'une seule conférence de presse, à Montréal bien sûr. Mais Frédéric tenait à s'adresser aux gens de sa région à l'endroit même (au Centre récréatif de Rock Forest) où il a commencé à jouer au tennis organisé à l'âge de 11 ans. Un geste qui l'honore.
Les gens de Sherbrooke lui ont bien rendu en le nommant président d'honneur du Futures de l'endroit (qu'il a gagné deux fois), dont la prochaine édition aura lieu en mars. Il a aussi reçu de beaux cadeaux.
«Le tennis a fait de moi la personne que je suis. Je veux maintenant lui en redonner un peu.»
Niemeyer: un palmarès impressionnant
- A remporté 14 tournois de type Challenger et Futures
- A été quatre fois demi-finaliste du Challenger de Granby
- Son meilleur classement : 134e, en 2004
- A remporté 12 victoires en Coupe Davis avec Daniel Nestor, un record
- A participé aux Jeux d'Athènes (2004) et de Pékin (2008)











