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De la ferme à la table... à l'italienne!

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De la ferme à la table... à l\'italienne!

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Le restaurant italien Napo est situé au 1542, rue Bank, à Ottawa.

Étienne Ranger, Le Droit

Pierre Jury
Le Droit

Napo,

1542, rue Bank,

Ottawa, ON.

(613) 523-9595.

 

www.napofood.ca

Cote Jury 16/20

Chez certains amateurs de bonne chère, il faut rappeler l'importance du lien entre le fermier, producteur d'aliments, et la table, où sont consommés ces fruits, légumes, viandes et grains. Le concept est résumé en quelques mots: de la ferme à la table et Napo s'en réclame. Tout comme du mouvement Slow Food.

Napo est un restaurant italien qui a ouvert ses portes en mars 2008, fruit de l'initiative de Tony Irace, qui rappelle avoir eu la piqûre pour les produits locaux pendant son temps passé à servir les plats du chef John Taylor, du restaurant Domus. Pourquoi ne pas appliquer les principes de la nourriture locale et biologique, raconte-t-il sur le site Internet de son restaurant, à la cuisine italienne?

Cette préoccupation est fort louable. De plus en plus de consommateurs sont suspicieux devant les aliments de plus en plus sujets à la culture agro-industrielle qui tente de répondre à nos demandes parfois irréelles: tomates qui restent fermes plus longtemps, fraises grosses et juteuses, carottes identiques, pommes de terre de taille uniforme,etc. Mais la nature ne fonctionne pas ainsi et il y a des producteurs agricoles qui tiennent (ou sont revenus) aux techniques d'antan. Nous comprenons que le restaurant Napo veut valoriser ces producteurs en utilisant leurs aliments et en le claironnant haut et fort.

Léger étonnement donc de lire un menu qui ne contient aucun nom de producteur, ou aucun des ingrédients ne sont associés à une ferme ou à un agriculteur. Comme c'est la coutume ailleurs... Ailleurs, on apprend et valorise ainsi que les champignons viennent de chez Christophe (Mérineau), les oeufs de la ferme Beakins et les légumes de la ferme Bryson,etc. Rien de tout cela ici. Mais si on manque d'esprit littéraire au menu, on ne manque pas d'inspiration en cuisine!

Transformation

Sis dans une maison de la rue Bank, qui a vu fermer son lot de restaurants dans le passé (le marocain Kasbah, le libanais Fairouz Chalet, entre autres), Napo a su transformer les lieux en un endroit accueillant. Incroyable comment les jeux d'éclairage et le faux-fini peut orner des murs en camouflant leurs imperfections. Bref, on s'y sent à l'aise. Le menu arrive, bilingue... mais anglais-italien. Cinq entrées de 6 à 10$, huit plats principaux de 16 à 19$ pour les pâtes et 23 à 25$ pour les viandes.

Des asperges garnies de fromage de chèvre, puis enrobées de jambon prosciutto (9$) sont un succès. Les légumes sont fins, cuits au four avec un peu d'huile d'olive, on devine. Le chèvre les nourrit et le prosciutto procure un peu de croquant et une touche de salé. Dans cette simplicité tient parfois le bonheur. Cela se confirmera avec les gnocchis maison apprêtés avec une sauce crème montée au gorgonzola et à l'ail que l'on aura rôti pour lui enlever les aspérités. Les gnocchis (17$), ces pâtes mi-pommes de terre, mi-farine, sont autant de petits coussinnets qui danseront sous la dent, nullement caoutchouteux, d'une finesse exemplaire et mémorable. Peut-être les meilleurs de la région.

Une entrée de risotto (9$) est servie «en gâteau», le riz cuit moulé puis grillé rapidement pour lui donner un petit dessous croustillant. Ici comme ailleurs, on s'amuse à faire des dessins dans l'assiette avec un filet de balsamique réduit. Mais, contrairement à ailleurs, ce sirop aigre-doux vient compléter une émulsion de gorgonzola pour y ajouter du relief: décidément, le chef y a pensé et n'est pas allé mécaniquement!

L'extase rendue muette par les bouches occupées par les saveurs se retrouve aussi au temps des douceurs avec le sabayon aux fraises (6$): ici encore, un plat tout en simplicité, parfaitement exécuté, qui satisfera ceux à la recherche du goût.

Le seul bémol de cette fête gourmande aura été ce plat de porc grillé (24$) qui aurait pu être servi n'importe où en Occident, sans accent particulier, et certainement pas italien. Une viande goûteuse, certes, servie un brin trop cuite. Déposée sur des légumes taillés en fines lamelles, et voisin d'une pomme de terre. Un plat lourd pour l'été, sans la distinction qu'on a vue dans les autres assiettes.

La carte des vins est modeste en taille, mais propose quelques originalités, d'Italie et du Canada.

Pour deux personnes, prévoyez entre 60 et 70$, plus consommations, taxes et service.

 

RÉSULTATS

Cuisine 8,5/10

Service 5/6

Décor 2,5/4

 

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