«Je suis très ému, très honoré de cette nomination du premier ministre Harper. J'attends avec impatience mon entrée au Sénat», a indiqué hier le nouveau sénateur.
Ardent défenseur des droits des autochtones, M. Brazeau est devenu chef du Congrès des peuples autochtones en février 2006. Il avait ensuite été réélu pour un deuxième mandat lors du congrès tenu à Ottawa en novembre dernier.
Le Congrès représente et défend les droits et les intérêts des Indiens hors réserves et non inscrits et ceux des Métis de tout le Canada.
Réaction mitigée
«Beaucoup d'autochtones croient qu'en ne participant pas au processus électoral, ils n'ont pas l'occasion de faire changer les choses. C'est pourquoi je m'implique dans la société depuis mes 18 ans, explique Patrick Brazeau. Le fait de siéger au Sénat représente une belle opportunité.»
Gilbert Whiteduck réagit de façon mitigée à la nomination de Patrick Brazeau au Sénat.
S'il se réjouit de la nomination de M. Brazeau au poste de sénateur, le chef de communauté algonquine de Kitigan Zibi ne saute pas de joie : «C'est, bien sûr, un honneur pour notre communauté et on est content d'une certaine façon mais M. Brazeau n'est pas très critique du gouvernement conservateur et il a même donné son appui à ce gouvernement. C'est donc une nomination très politique.»
«Le Congrès des peuples autochtones qu'il dirige prétend représenter les Amérindiens vivant en dehors des réserves mais c'est notre rôle, aux conseils de bande, de représenter toute la communauté, y compris les membres qui ne vivent pas dans les réserves. De plus, lors de la dernière campagne électorale, le Premier Ministre, Stephen Harper, a refusé de répondre aux questions posées par l'Assemblée des Premières Nations mais il a répondu à celles posées par le Congrès des peuples autochtones», a déclaré M. Whiteduck.
Le chef de Kitigan Zibi reconnaît toutefois que le gouvernement Harper a fait quelques pas pour se rapprocher des Algonquins.
«Le député conservateur de Nepean-Carleton, Pierre Poilievre avait fait une déclaration inacceptable à propos des premières nations et nous l'avons critiqué pour cela mais il a fait amende honorable en venant nous visiter la semaine dernière. Il s'est montré très ouvert, attentif et respectueux à nos besoins. Nous avons eu une bonne discussion franche et je lui ai dit ce que je pensais. Je lui ai demandé de relever ce qui se fait de bien chez les premières nations et de ne pas se contenter de critiquer ce qui marche mal. À Kitigan Zibi, nous avons des diplômés de l'université, des gens qui réussissent très bien dans la vie. Il y a du développement économique chez nous aussi» a-t-il ajouté.
Avec Charles Thériault
et Catherine Lamontagne












