« C'est le début d'un temps nouveau dans les relations Canada-États-Unis. Pourquoi ? Parce qu'on a établi un dialogue sur des enjeux importants pour les deux pays », a dit au Droit le ministre des Affaires étrangères, qui s'envole à Washington, mardi, où il rencontrera la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton.
Il donne l'exemple de l'énergie renouvelable propre et de la mission canadienne en Afghanistan, deux dossiers qu'il compte poursuivre lors de sa rencontre avec Mme Clinton.
Le ministre Cannon, qui a pris le lunch jeudi en compagnie de M. Obama et du premier ministre, Stephen Harper, décrit le président des États-Unis comme un homme « très chaleureux et authentique ».
Le courant a bien passé entre les deux hommes, selon Lawrence Cannon. « Une fois que l'on a passé l'ensemble des sujets d'une façon formelle, il y a eu un échange libre. Les deux blaguaient à la fin et ça allait très bien. L'objectif d'avoir une bonne chimie entre le premier ministre et le président a été atteint. »
Questionné sur le changement de cap de M. Harper sur la
question de l'environnement, M. Cannon répond que les conservateurs ont toujours dit que le Canada voulait diminuer les gaz à effets de serre, à condition que les États-Unis, la Chine et l'Inde fassent aussi partie de la solution.
Le ministre Cannon et la secrétaire d'État Clinton discuteront aussi des prochains sommets de l'OTAN (en avril) et des Amériques (à Trinidad et Tobago).
Opération charme à New York
Alors que le ministre Cannon se dirigera vers Washington, le premier ministre Harper se rendra dès lundi à New York pour y rencontrer notamment des gens d'affaires.
M. Harper profitera de sa visite pour accorder nombre d'entrevues à des médias américains, dont CNN et The Wall Street Journal.
En prévision de la visite officielle du président américain, M. Harper avait accordé une entrevue au réseau CNN pour expliquer les positions du gouvernement du Canada dans certains dossiers cruciaux comme le protectionnisme américain et la mission militaire en Afghanistan.
Sous le couvert de l'anonymat, hier, un proche collaborateur du premier ministre a affirmé que le gouvernement Harper compte bien tirer profit des succès de la visite officielle du président Obama pour nouer des liens très étroits avec la nouvelle administration.
De tels liens permettront au Canada et aux États-Unis de faire front commun dans plusieurs forums internationaux comme le G20, le G8 ou encore à l'OTAN dans des dossiers où les intérêts des deux pays convergent.
Arrimage avec les États-Unis
Pour Robert Asselin, directeur associé de l'École supérieur d'affaires publiques et internationales à l'Université d'Ottawa, la visite confirme qu'Obama changera les relations entre les deux pays et même l'ordre mondial.
« Tous les pays occidentaux essaient de s'arrimer à ses politiques, à ses nouvelles priorités et le Canada ne fait pas exception. Si on regarde l'environnement, c'est un peu bizarre de voir M. Harper soudainement se découvrir une passion pour l'environnement. Mais il est évident que M. Harper voit que le train a quitté la gare et qu'il ne veut pas être isolé. »
Même chose au niveau de l'économie ajoute M. Asselin. « Dans ses principes idéologiques, M. Harper ne croit pas nécessairement à des grandes interventions de l'État dans l'économie. Et là il voit M. Obama faire un plan de relance sans précédent aux États-Unis. »
Pour les Canadiens, ce qui est important, selon Robert Asselin, c'est que Barack Obama force Stephen Harper à agir dans ces dossiers. Le professeur se dit aussi frappé par « la grande écoute » d'Obama, qui ne vient pas au Canada avec un « esprit de dominateur ».
À plus long terme, il pourrait y avoir des divergences entre les deux hommes, mais le charisme évident d'Obama déteint sur M. Harper, au style plus froid, ajoute-t-il.
« M. Obama est une personne tellement charismatique et gentille fondamentalement qu'il va s'entendre bien avec tout le monde, à moins que quelqu'un soit très désagréable et de mauvaise foi. »
AVEC LA PRESSE












